Hoirs = héritier 'S .V ieux mot
5. Image un peu singulière et qu'il eût mieux valu supprimer.
CHATEAUBRIAND
y occupent une place considérable et presque exclusive. La cinquième et dernière partie, « La littérature sous la maison de Hanovre », soulève quelques discussions intéressantes et quelques rapprochements ingénieux avec la France. A propos de Gray et des poètes pastoraux, il fait l'éloge de Fontanes, dans des termes assez identiques à ce qu'il en a dit dans ses Mémoires. Byron lui est un prétexte à parler de lui-même :]
Les deux nouvelles écoles littéraires1.
Il y aura peut-être quelque intérêt à remarquer dans l'avenir (si pour moi il y a avenir) la rencontre des deux chefs de la nouvelle école française et anglaise, ayant un même fonds d'idées, des destinées, sinon des mœurs, à peu près pareilles ; l'un pair d'Angleterre, l'autre pair de France^ tous deux voyageurs dans l'Orient2, assez souvent l'un près de l'autre et ne se voyant jamais : seulement la vie du poète anglais a été mêlée à de moins grands événements que la mienne3.
Lord Byron est allé visiter après moi les ruines de la Grèce4; dans Childe-Harold il semble embellir de ses propres couleurs les descriptions de V Itinéraire
J'ai encore l'honneur d'être en rapport avec lord Byron dans la description de Rome. Les Martyrs et ma Lettre sur ta campagne romaine ont l'inappréciable avantage pour moi d'avoir deviné les inspirations d'un beau génie. M. de Béranger, notre immortel chansonnier, a osé dire : « L'influence de l'auteur du Génie s'est fait ressentir également à l'étranger, et il y aurait peut-être justice à reconnaître que le chantre de Childe-Harold est de La famille de René5 ».
S'il était vrai que René entrât pour quelque chose dans le fond du personnage unique mis en scène sous des noms di-
4. Chateaubriand aime les parallèles. Il va en poursuivre un entre Byron et lui-même.
2. Rapprochement un peu puéril. Il ny a pas là de quoi s'étonner. On a déjà vu plusieurs fois cette tendance de l'auteur à s'émerveiller de ce qui nous semble très naturel et à voir de mystérieuses coïncidences dans des faits sans importance.
3. Naturellement. Toujours cet orgueil ! Mais Byron a été, pourtant, mêlé de plus près que Chateaubriand au grand événement
de l'indépendance grecque,puisqu'il est allé mourir dans Missolonghi assiégée (1824).
4. Byron (1788-1824) fit son premier voyage en Grèce de 1810 à 1 812, c'est-à-dire quelques années après Chateaubriand. Les deux premiers chants du Pèlerinage d'Barold parurent en 1812.
5. Chateaubriand admirait Bérangerquile lui rendaitbien. Ils se fai saient tous les deux la cour.
Aussi n'est-il pas surprenant que Béranger soit invoqué ici comme une autorité.
vers dans Ghilde-Harold, Conrad, Lara, Manfred,le Giaour1, si par hasard lord Byron m'avait fait vivre de sa vie3, il aurait donc eu la faiblesse de ne jamais me nommer ? J'étais donc un de ces pères qu'on renie quand on est arrivé au pouvoir? Lord Byron peut-il m'avoir complètement ignoré, lui qui cite presque tous les auteurs français ses contemporains3 ?
Lord Byron a laissé une déplorable école ; je présume qu'il serait aussi désolé des Ghilde-Harold auxquels il a donné naissance que jè.le suis des René qui rêvassent autour de moi4. Les sentiments généraux qui composent le fond de l'humanité, la tendresse paternelle et maternelle, la piété filiale, l'amitié, l'amour sont inépuisables5 ; ils fourniront toujours des inspirations nouvelles au talent capable de les développer ; mais les manières particulières de sentir, les individualités d'esprit et de caractère ne peuvent s'étendre et se multiplier dans de grands et nombreux tableaux. Les petits coins non découverts du cœur de l'homme sont un champ étroit : il ne reste rien à cueillir dans ce champ, après la main qui Ta moissonné la première6. Une maladie de l'âme n'est pas un état permanent