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Ce sont les personnages des

Î>rincipaux poèmes de Byron.

ls ont tous en effet des ressemblances, ils réalisent ce qu'on a appelé le héros byronien, sombre, silencieux, orgueilleux, mystérieux. Le héros romantique au théâtre et dans le roinaii procède de lui : par exemple Hernani.

2. Expression obscure. Il veut dire que Byron lui a pris quelque enose (dans René) pour le traiter à sa manière, pour le faire vivre d'une façon plus complète par son imitation.

3. Chateaubriand est blessé dans son orgueil. Il souffre visiblement de cette indifférence apparente de Byron pour lui, d'autant plus que ses ennemis opposaient la gloire du poète anglais à la sienne. Sa tactique est d'insinuer que Byron n'est venu qu'après lui et que, lui, il reste le précurseur.

4. L'école de Bvron, c'est aussi l'école de Shakespeare (voir quelques pages plus haut) : c'est Vécole romantique. 11 est très vrai que Chateaubriand était

désolé de sa propre postérité, de ceux qui s'étaient proclamés fils de René. Il écrivait dans ses Mémoires :

Une famille de René poètes et de Eené prosateurs a pullulé : on n'a plus entendu que des phrases lamentables et décousues ; il n'a plus été question que de vents et d'orages, que de mots inconnus livrés aux nuages et à la nuit . Il n'y a pas de grimaud sortant du collège qui n'ait rêvé d'être le plus malheureux des hommes, de bambin qui, à seize ans, n'ait épuisé la vie. (Mémoires d'Outre- Tombe. II, 281.)

5. C'est très exact, bien que Voltaire ait dit dans le Siècle de Louis XIV: « Il ne faut pas croire que les grandes passions tragiques et les grands sentiments puissent se varier àl'infini d'une manière neuve et frappante.

Tout a ses bornes ».

6. Ceci encore est juste. Si les grands sentiments sont à tout le monde et peuvent, par conséquent, être sans cesse renouvelés, il n'en est pas de même des façons particulières de sentir qui sont la maroue personnelle de certains écrivains.

CHATEAUBRIAND

et naturel : on ne peut la reproduire, en faire une littérature, en tirer parti comme d'une passion incessamment modifiée au gré des artistes divers qui la manient et en changent la forme1. . .

J'ai précédé lord Byron dans la vie, il m'a précédé dans la mort ; il a été appelé avant son tour : mon numéro primait le sien, et pourtant le sien est sorti le premier. Byron aurait dû rester sur la terre : le monde me pouvait perdre2 sans s'apercevoir de ma disparition et sans me regretter3.

Tout ce que j'ai vu passer ou tout ce qui a passé autour de moi depuis quej'existe ne se peut dire. Que de tombeaux se sont ouverts et fermés sous mes yeux ! Cent fois par le soleil ou par la pluie, au bord d'une fosse ouverte dans laquelle on descendait une bière avec des cordes, j'ai entendu le râlement de ces cordes ; j'ai ouï le bruit de la première pelletée de terre tombant sur la bière; à chaque nouvelle pelletée, le bruit creux s'assourdissait et diminuait. La terre, en comblant la sépulture, faisait peu à peu monter le silence éternel à la surface du cercueil4. (Cinquième partie.)

1 . Tout ce paragraphe est dans les Mémoires d'Outre-Tombe, II,

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