La prise de Grenade par Ferdinand le Catholique est de
4. Allusion évidente à la Révolution française et aux idées révolutionnaires.
5. Détail historique très contestable. Telle n'était point l'intention des premiers conquérants, il est très vrai qu'ils firent périr beaucoup d'indigènes dans
le travail des mines d'or. Mais ce n'était pas leur but et ils n'aspiraient point à régner sur un univers dépeuplé.
6. Tout ceci rappelle le discours de Galgacus dans Tacite (Vie d'Agricola), quand le chef breton reproche aux Romains de vouloir dépeupler l'univers : Ubl solitudinemfaciunt, pacem appellant. « Là où ils font le désert, ils appellent cela faire la paix ».
7. Image très forte mais bien inattendue. Elle serait mieux à sa place dans le merveilleux d'une épopée comme les Martyrs.
LE CONGRÈS DE VÉRONE
dront pas du tout : qu'importe ? Les Hidalgos1 disent qu'ils ont mis six cents ans à chasser les Maures2.
Ils admirent trop leur longanimité : la patience transmise de génération en génération finit par n'être plus qu'un bouclier de famille qui ne protège rien et qui sert seulement d'antique parure à des mœurs héréditaires. . .L'indifférence de la foule est derrière ces événements qui de loin font tant de bruit. Quand l'émeute ou la faction arrive, on ferme sa porte et on la laisse passer comme une nuée de sauterelles. On n'est guère pour personne ; don Carlos ne peut prendre une ville, Christine ne peut réunir les campagnes3. Les Espagnols d'ailleurs se sont guerroyés de tout temps pour des rois compétiteurs. La guerre finie, chacun, sans être changé, retourne à l'obéissance ou plutôt à sa vie habituelle : celle-ci se conserve entière plus que dans d'autres pays, à cause de l'isolement des populations champêtres et d'un commerce vagabond fait par des espèces de caravanes à travers les plaines nues et les montagnes inhabitées4. (Congrès de Vérone, Chap. II).
[Chateaubriand passe ensuite au Congrès de Vérone, aux questions discutées, aux mémoires présentés sur les affaires d'Orient, d'Italie, de Grèce et surtout d'Espagne. Il donne la liste des grands personnages qui assistent à la réunion, il ne dit que quelques mots des fêtes qui furent données en leur honneur ; il insiste davantage sur ses relations personnelles avec le tsar Alexandre, dont il raconte la vie. L'ouvrage est bourré de notes diplomatiques. Le Congrès fini, Chateaubriand quitte Vérone (13 décembre 1822), revient à Paris, et est nommé le 26 ministre des affaires étrangères. Il prépare la guerre d'Espagne. Et il en justifie la nécessité :]
Justification de la guerre d'Espagne.
Les contradicteurs de l'expédition d'Espagne ont perpétuellement confondu deux choses : la question française et