Salut, reine du ciel : début d'un cantique
2. A tout moment. Chateaubriand s'interpose dans le récit et évoque ses souvenirs. Ce ne sont pas, du reste, les passages les plus ennuyeux dulivre. C'est ainsi que, dans un passage du livrelil,il évoque ses souvenirs lointains d'émigration à Lon-
dres. Il rappelle qu'il allait, le long de la Tamise, «voir entrer au port des vaisseaux chargés des richesses du monde, admirer les maisons de campagne de Richmond. »
3. L'image est un peu surpre nante et bien inattendue. Elle veut dire que les soldats sont enterrés où ils sont tombés, et
Job mourut dans le petit réduit qu'il s'était fait, comme le palmier dont les branches sont chargées de rosée. Rancé entretint le prélat1 de l'empressement que ses frères avaient
mis à le soulager2 Plus il s'était avancé vers le terme,
plus il était devenu serein ; son âme répandait la clarté sur son visage. On présenta le crucilix au mourant ; il s'écria: O éternité! quel bonheur! Et il embrassa le signe du salut avec la plus vive tendresse ; il baisa la tête de mort qui était au pied de la croix. En remettant cette croix à un moine, il remarqua que celui-ci ne l'imitait pas, il dit : «Pourquoi ne baisez-vous pas la tête de mort? C'est par elle que finit notre exil et notre misère ». Rancé se souvenait-il de la relique que la tradition disait être placée auprès de lui3 ?
Le lit de cendres était préparé ; Rancé le regarda tranquille avec une sorte d'amour, puis il s'aida lui-même à se
coucher sur le lit d'honneur il s'établit par les paroles
de l'Ecriture un dernier dialogue entre l'agonisant et Tévêque :
l'évêque. — Le Seigneur est ma lumière et mon salut.
l'abbé. — Je mettrai en lui toute ma confiance.
l'évêque. — Seigneur, c'est vous qui êtes mon protecteur et mon libérateur.
l'abbé. — Ne tardez pas, mon Dieu, hâtez-vous de venir.
Ce furent les dernières paroles de Rancé. Il regarda l'évêque, leva les yeux au ciel et rendit l'esprit. Il fut enterré dans le cimetière commun des religieux4. (Livre IV.)
que Rancé, soldat de la foi, voulut reposer sur son champ de bataille, dans le désert de son abbaye.