CHATEAUBRIAND ET L'AFRIQUE
Comparaison avec Flaubert et Loti.
. A. — Flaubert, Correspondance1.
Comparer à la description de VEgypte dans Chateaubriand (Itinéraire, p. 240; les Martyrs, p. 283, n. 1), les passages où Flaubert décrit Alexandrie, les Pyramides, les bords du Nil, et surtout (l, 230), le fragment qui commence ainsi : « Dès les portes d'Alexandrie, le désert commence. . . »
On en profitera pour faire une comparaison d'ensemble entre les deux écrivains. On sait que Flaubert goûtait particulièrement Chateaubriand et qu'il iui a emprunté certains tours de phrase, certains rythmes, certains procédés descriptifs. (Voir par exemple plus haut, p. d58, n. 2, p. 368, n. 5.) On cherchera aussi ce que Salammbô doit aux Martyrs.
B. — Loti, La Mort de Philse*.
Comparer à la description des Pyramides dans Château briand, p. 240, celle qui ouvre le livre de Loti, depuis : « Un monde où tout est uniformément rose sous les étoiles de minuit. .. «jusqu'à : «Alentour, le désert; un coin du morne royaume des sables. » — On remarquera la supériorité incontestable du passage de Loti.
Comparer à la description du désert dans Chateaubriand, p. 283, n. 1, le passage de Loti sur le désert Memphite quva depuis : « Là-bas, devant nous, il y a un monde qui de
1. Flaubert fit un voyage en Orient en 1849-51. Il visita l'Egypte, la Palestine, la Grèce. Le récit se trouve aux tomes I et II
de la Correspondance. Cf. R.Canat, La Renaissance de la Grèce antique (1820-1850).
plus en plus se révèle... » jusqu'à « ...le sable des mers primitives qui représente un travail d'émiettement d'une durée impossible à concevoir. » — Loti, comme Chateaubriand, marque cet envahissement de l'Egypte par l'éternel sable :
Le sable est le souverain incontesté de cette nécropole , il
s'amasse sur toutes choses avec une persistance obstinée depuis les plus vieux âges, et il a déjà enseveli à Memphis tant de statues, de colosses, de temples et d'allées de sphinx ! Il arrive sans cesse, il arrive de la Libye, du grand Sahara, qui en contiennent de quoi poudrer l'univers. Il s'harmonise bien avec ces hautes ossatures des pyramides qui forment d'immuables écueils sur son étendue toujours en mouvement.
APPENDICE IX
[CHATEAUBRIAND ET L'ESPAGNE] Comparaison avec Th. Gautier et René Bazin.
A. — Th. Gautier, Voyage en Espagne1.
Comparer à la description de VAlhambra, dans Chateaubriand p. 305, la description de Gautier, et particulièrement depuis: « La salle des Ambassadeurs, une des 'plus grandes de l'Alhambra, remplit tout l'intérieur de la tour de Comarès », jusqu'à : «... des arcs d'une élégance extrême et d'une coupe toute particulière ». On remarquera que Gautier insiste davantage sur l'ornementation des salles et des cours, sur la décoration des murailles :
Les murailles disparaissent sous un réseau d'ornements si serrés, si inextricablement enlacés, qu'on ne saurait mieux les comparer qu'à plusieurs guipures posées les unes sur les autres. L'architecture gothique, avec ses dentelles de pierre et ses rosaces découpées à jours, n'est rien à côté de cela. Les truelles à poisson, les broderies de papier frappées à l'emporte-pièce dont les confiseurs couvrent leurs dragées, peuvent seules en donner une idée.
B. — Bazin, Terre d'Espagne2.
Comparer à la description de Grenade, dans Chateaubriand, p. 303, le passage où René Bazin décrit la ville et la campagne de Grenade, vues du haut de la tour de la Véla, depuis :