‹ Morceaux choisisChapitre 121 sur 226 · Eveiller serait correct ici.I · texte numérisé non relu

Eveiller serait correct ici.I

ILLUSIOXS PERDUES 283

idication de ceux qui depuis ont conquis, comme irtliez, toute leur gloire ; car plusieurs succombèrent. >armi ceux qui vivent encore était Horace Bianchon', rs interne à l'Hôtel-Dieu, devenu depuis l'un des flamlux de récole de Paris, et trop connu maintenant pour il soit nécessaire de peindre sa personne ou d'expliquer 1 caractère et la nature de son esprit. Puis venait Léon 'aud, ce profond philosophe, ce hardi théoricien qui rele tous les systèmes, les juge, les exprime, les formule les traîne aux pieds de son idole, I'Humamtk : toujours md. même dans ses erreurs, ennoblies par sa bonne foi. travailleur inlrc[)ide, ce savant consciencieux est denu ciief dune école morale et politique sur le mérite de [uelle le temps seul pourra prononcer. Si ses convictions ont fait une destinée en des régions étrangères à celles ses camarades se sont élancés-, il n'en est pas moins ité leur lidèle ami. Lart était représenté par Joseph Brlu^, l'un des meilleurs peintres de la jeune école. Sans les ilheurs secrets aux(juels le condamne une nature trop pressionnable, Joseph, dont le dernier mot n'est d'ailleurs 5 dit, aurait pu continuer les grands maîtres de l'école ilienne : il a le dessin de Rome et la couleur de Venise ; lis l'amour le tue et ne traverse pas que son cœur : l'a- )ur lui lance ses flèches dans le cerveau, lui dérange sa ; et lui fait faire les plus étranges zigzags. Si sa maîtresse hémère le rend ou trop heureux ou trop misérable, seph enverra pour l'Exposition tantôt des esquisses où couleur empâte le dessin, tantôt des tableaux qu'il a ulu iinir sous le poids de chagrins imaginaires, et où le ssin l'a si bien préoccupé, que la couleur, dont il dispose «on gré, ne s'y retrouve pas. Il trompe incessamment et public et ses amis. Holl'mann l'eût adoré pour ses pointes ussées avec hardiesse dans le champ des arts, pour ses priées, pour sa fantaisie. Quand il est complet, il excite dmiration, il la savoure, et s'effarouche alors de ne plus jevoir d'éloges pour" les œuvres manquées où les yeux de n âme voient tout ce (jui est absent pour l'œil du public, ntasque au suprême degré, ses amis lui ont vu détruire ; tableau achevé auquel il trouvait l'air trop peigné. — C'est trop fait, disait-il, c'est trop écolier !

;. L'ami de Rastignac dans Le I 1er d'Etat et siège en ISi.ï, com-

re Goriot, qui se passe au mè- | me député, au centre fîauche.

; moment. j 3. En qui on a quelquefois vou-

!. Dans la Comédie humaine lu reconnaître Lug. Delacroix,

raud se rallie au Gouverne- J. Bridau reparaîtra surtout

;nt de Juillet, devienlConseil- | A^ns Un Ménage de Garçon.

Original et sublime parfois, il a tous les malheurs toutes les félicités des organisations nerveuses, chez les quelles la perfection tourne en maladie. Son esprit es frère de celui de Sterne', mais sans le traA'ail littéraire Ses mots, ses jets de pensée ont une saveur inouïe. Il es éloquent et sait aimer, mais aA'ec ses caprices, qu'il porti dans les sentiments comme dans son faire'-. Il était che au cénacle précisément à cause de ce que le monde bour geois eût appelé ses défauts.

Enlin, Fulgence Ridai •^, l'un des auteurs de notre temp; qui ont le plus de verve comique, un poète insouciant di gloire, ne jetant sur le théâtre que ses productions les plu vulgaires, et gardant dans le sérail de son cerveau, pou lui, pour ses amis, les plus jolies scènes ; ne demandan au public que l'argent nécessaire à son indépendance, e ne voulant plus rien faire dès qu'il l'aura obtenu. Paresseu: et fécond comme Rossini, obligé, comme les grands poète comiques, comme Molière et Rabelais, de considérer tout chose à l'endroit du pour et à l'envers du contre, il étai sceptique, il pouvait rire et riait de tout. Fulgence Rida est un grand philosophe pratique. Sa science du monde, soi génie d'observation, son dédain de la gloire, qu'il appelle 1. parade, ne lui ont point desséché le cœur. Aussi actif pou autrui qu'il est indifférent à ses intérêts, s'il marche, c'es pour un ami. Pour ne pas mentir à son masque vraimen rabelaisien, il ne hait pas la bonne chère et ne la recherch point, il est à la fois mélancolique et gai. Ses amis I nomment le chien du régiment, rien ne le peint mieux qui ce sobriquet.

Trois autres, au moins aussi supérieurs que ces qua tre amis peints de profil, devaient succomber par intei valles. Meyraux^ d'abord, qui mourut après avoir émi

1. L'auteur de Tristam Shan- I bert. Il est réel, et les faits aus

quels Balzac fait allusion dan cette phrase sont historiques C'est dans la séance de TAcadt mie des Sciences du 15 févrie 1830 que Geoffroy Saint-Hilalr et La Treille firent leur rappor sur le Mémoire de MM. Meyrau' et Laurencet : Considérations su

dy. du Voyage sentimentale Aonl T'inflaence, très grande au 18= siècle, est encore sensible au 19% et en particulier chez Balzac.

Page 1