‹ Morceaux choisisChapitre 122 sur 226 · Ce personnage a paru déjà dans une lettre de Louis Lam · texte numérisé non relu

Ce personnage a paru déjà dans une lettre de Louis Lam

travaux fournissaient de nov velles preuves en faveur de l't nité de composition organiqat qu'il affirmait depuis longtemp^ Cuvicr riposta ; d'où la querell^

la célèbre dispute entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, grande question qui devait partager le monde scientifique entre ces deux génies égaux, quelques mois avant la mort de celui qui tenait pour une science étroite ' et analyste contre le panthéiste, qui vit encore et que l'Allemagne révère-. Meyraux était l'ami de ce Louis ^ qu'une mort anticipée allait bientôt ravir au monde intellectuel. A ces deux hommes, tous deux marqués par la mort, tous deux obscurs aujourd'hui malgré l'immense portée de leur savoir et de leur génie, il faut joindre Michel Chrestien ^, républicain d'une haute portée qui rêvait la fédération de l'Europe, et qui fut en 1830 pour beaucoup dans le mouvement moral des saint-simoniens. Homme politique de la force de Saint- Just et de Danton, mais simple et doux comme une jeune iille, plein d'illusions et d'amour, doué d'une voix mélodieuse qui aui-ait ravi Mozart, Weber ou Rossini, et chantant certaines chansons de Déranger à enivrer le cœur de poésie, d'amour ou d'espérance, Michel Chrestien, pauvre comme Lucien, comme Daniel, comme tous ses amis, gagnait sa vie avec une insouciance diogénique. Il faisait des tables des matières pour de grands ouvrages, des prospectus pour les libraires, muet d'ailleurs sur ses doctrines comme est muette une tombe sur les secrets de la mort. Ce

qui prit l'importance d'un événement public. — On voit comment Balzac mêle le réel à l'imaginaire. On pourrait d'ailleurs proposer plusieurs noms réels pour chacun des membres du Cénacle ; mais jusqu'au moment où une certitude pourra èlre acquise, il vaut mieux s'abstenir.

1. C'est Cuvier qui est ainsi désigné : il est mort le 29 mai 1832.

2. Dans l'Avant-Propos de la Comédie humaine, en 1812, Balzac rappelle que le triomphe de G. Saint-Hilaire a été « salué par le dernier article qu'écrivit le grand Goethe », sorte de testament scientifique traduit aussitôt dans plusieurs Revues françaises (voir Baldensperger, Goethe en France; 201 sqq.). 1831-

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