Le portrait n'aurait rien perdu à ce que ce trait un peu
gros fût supprimé.
3. Balzac était l'ami enthousiaste de Rossini ; il donne de son il/o;se un très beau commentaire dans Massimila Boni. — Kubini fut par excellence le ténor des opéras de Bellini et de Donizetti. — Rappelons que Balzac adorait la musique italienne, et qu'au plus fort de son travail il lui arrivait d'aller régulièrement aux Italiens.
nature faible' et astucieuse. J'étais enviée, et je souriais parfois de pitié. J'estimais son courage ; il est brave, et la bravoure est, dit-on, la seule vertu qui n'ait pas d'hypocrisie. En voyage, dans une circonstance, je l'ai vu à l'épreuve: il a su risquer une vie qu'il aime; mais, chose étrange! à Paris, je lui ai vu commettre ce que je nomme des lâchetés de pensée. Mon ami, je savais toutes ces choses. Je dis à la pauvre marquise - :
« — Vous ne savez dans quel abime vous mettez le pied. Vous êtes le Persée d'une pauvre Andromède, vous me délivrez de mon rocher. S'il vous aime, tant mieux! mais j'en doute, il n'aime que lui.
« Gennaro fut au septième ciel de l'orgueil. Je n'étais pas marquise, je ne suis pas née Gasteran, je fus oubliée en un jour. Je me donnais le sauvage plaisir d'aller au fond de cette nature. Sûre du dénouement, je voulus observer les détours que ferait Gonti. Mon pauvre enfant, je vis en une semaine des horreurs de sentiment, des pantalonnades infâmes. Je ne veux rien vous en dire, a ous verrez cet homme ici. Seulement, comme il sait que je le connais, il me hait aujourd'hui. S'il pouvait me poignarder avec quelque sécurité, je n'existerais pas deux secondes. Je n'ai jamais dit un mot à Béatrix. La dernière et constante insulte de Gennaro est de croire que je suis capable de communiquer mon triste saA^oir à la marquise. Il est devenu sans cesse inquiet, rêveur; car il ne croit aux bons sentiments de personne. Il joue encore avec moi le personnage d'un homme malheureux de m'avoir quittée. Vous trouverez en lui les cordialités les plus pénétrantes ; il est caressant, il est chevaleresque. Pour lui, toute femme est une madone. 11 faut vivre longtemps avec lui pour avoir le secret de cette fausse bonhomie et connaître le stylet invisible de ses mystifications. Son air convaincu tromperait Dieu. Aussi serezvous enlacé par ses manières chattes et ne croirez-vous jamais à la profonde et rapide arithmétique de sa pensée intime. Laissons-le.
1. Balzac a confié à M"" Hanska qu'il commit de même la faute de s'attacher à Sandeau : cf. L'œuvre expliquée ; le fort s'était laissé séduire par le faible. Il s'en plaint sans cesse. Le8 mars 1836:
0 J. Sandeau a été une de mes erreurs. Vous n'imaginerez jamais une pareille fainéantise,
une pareille nonchalance. Il est sans énergie, sans volonté. Les plus beaux sentiments en paroles, rien en action ni en réalité. Nul dévouement de pensée ni de corps. » Etc.