LES PARENTS PAUVRES
églises, le brocantage et M^^ Hanska. En mai, il rentre à Paris, avec un Séb. del Piombo, un Bronzino, « un Mirevelt de la dernière beauté;?, un Saint-Pierre d'Holbein, etc'. Et le 15 juin, il se met, enfin, aux Parents pauvres.
C'est, de 1845 à sa mort, en 1850, la seule œuvre qu'il ait intégralement réalisée : le reste n'est que fragments, achèvement ou ébauche. Les Parents pauvres sont conçus, écrits et publiés de juin 1846 à octobre 1847. Cette fois encore, et plus nettement que jamais, Balzac a fait un diptyque, une œuvre contrastée : « Le Vieux Musicien, écrit-il tout de suite à M"'^ Hanska, est le parent pauvre, accablé d'humiliation, d'injures, plein de cœur, pardonnant tout et ne se vengeant que par des bienfaits. La Cousine Bette est la parente pauvre accablée d'humiliations, d'injures, vivant dans l'intérieur de trois ou quatre familles, et y méditant la vengeance de ses froissements d'amour-propre et de ses vanités blessées. » Ce dernier sujet devait se modifier beaucoup et se compliquer à l'exécution. Primitivement, c'était une nouvelle; en réalité, c'est le plus volumineux roman qu'ait écrit Balzac. — • L'une et l'autre œuvres devaient compléter avec Pierrette la série des Parents pauvres ; mais Balzac fit entrer Pierrette dans la catégorie des Célibataires.
Dès lors, Balzac vit dans « la fièvre continue de l'inspiration et de l'insomnie »; il espère avoir fini Le Vieux Musicien dès le 12 juillet, en se levant tous les jours à une heure et demie du matin. Le 20 La Cousine Bette n'est encore qu'une informe ébauche, tout est à inventer; mais Le Cousin Pons avance. D'ailleurs « ce n'est rien que l'invention, le drame, le travail : c'est le payement qui est tout. » Balzac se fie en sa verve pour réveiller le public, « ce despote ennuyé ». 11 espère bien attaquer La Cousine Bette le 24 juillet, puis, bien vite, se remettre à la suite des Paysans. D'ailleurs le succès de Splendeurs et Misères des Courtisanes l'excite : «La profonde vérité de nos mœurs judiciaires, rendue si dramatique, a surpris les gens du métier. Attendez ['Histoire des Parents pauvres, et vous verrez que j'en ferai une bien belle œuvre. » (30 juillet). Le 2 août, il a terminé Le Vieux Musicien, du moins en sa première rédaction, puisque le 20 novembre il déclarera qu'il lui en reste encore soixantehuit feuillets à faire; décidément, il l'appellera Le Parasite. Mais non ! Mine Hanska ne voudra pas de ce titre : il rappellerait trop Le Glorieux, Le Méchant et autres comédies du 18* siècle. Alors ce sera Le Cousiii Pons, « une de ces belles œuvres d'une excessive simplicité qui contiennent tout le cœur humain; c'est aussi grand et plus clair que Le Curé de Tours, c'est tout aussi