Titre de Balzac {Où l'on apprend comment
3. C'est la servante-maîtresse de l'ignoble Fraisier, personnage véreux. On peut être sûr que les soins qu'elle rend à Schraucke ne sont pas désintéressés ; mais elle éprouve une pitié de maritorne pour le pauvre être en détresse.
lendemain. Quand Schniiicke s'éveilla, c'esl-à-dire quand, après celte trêve, il fut rendu au sentiment de ses douleurs, le corps de Pons était exposé sous la porte cochère, dans la chapelle ardente à laquelle ont droit les convois de troisième classe ; il chercha donc vainement son ami dans cet appartement, qui lui parut immense, où il ne trouva rien que d'affreux souvenirs. La Sauvage, qui gouvernait Schmucke avec l'autorité d^une nourrice sur son marmot, le força de déjeuner avant d'aller à l'église. Pendant que cette pauvre victime se contraignait à manger, la Sauvage lui lit observer, avec des lamentations dignes de Jérémie, qu'il ne possédait pas d'habit noir. La garde-robe de Schmucke, entretenue par Cibot^ en était arrivée, avant la maladie de Pons, comme le dîner, à sa plus simple expression, à deux pantalons et deux redingotes!.. .
— Vous allez aller comme vous êtes à l'enterrement de monsieur? C'est une monstruosité à nous faire honnir par tout le quartier ! . . .
— Ed conimend fiilez-fiis que ch'j aile'-?
— Mais en deuil ! . . .
— Le teiiille ! . . .
— Les convenances. . .
— Les gonfenances ! . . . cheii me viche pien de doiides ces pêtisses-là ! dit le pauvre homme, arrivé au dernier degré d'exaspération où la douleur puisse porter une âme d'enfant.
— Mais c'est un monstre d'ingratitude, dit la Sauvage en se tournant vers un monsieur qui se montra soudain dans l'appartement, et qui lit frémir Schmucke.
Ce fonctionnaire, magnifiquement vêtu de drap noir, en culotte noire, en bas de soie noire, à manchettes blanches, décoré d'une chaîne d'argent à laquelle pendait une médaille, cravaté d'une cravate de mousseline blanche très correcte, et en gants blancs; ce type ofliciel, frappé au même coin pour les douleurs publiques, tenait à la main une baguette en ébène, insigne de ses fonctions, et sous le bras gauche un tricorne à cocarde tricolore.
— Je suis le maître des cérémonies, dit ce personnage d'une voix douce.
Habitué par ses fonctions à diriger tous les jours des convois et à traverser toutes les familles plongées dans une même allliction réelle ou feinte, cet homme, ainsi que tous ses collègues, parlait bas et avec douceur ; il était