Huissier de la justice de paix, — il est de la bande
le défunt était chef d'orchestre i viennent. . . Mais monsieur est, je crois, légataire universel.
— Il doit alors conduire le deuil, dit le maître des cérémonies. — Vous n'avez pas d'habit noir? demanda-t-il en avisant le costume de Schmucke.
— Cheu ziiis doiid en noir à Vindériére! . . . dit le pauvre Allemand d'une voix déchirante ; et si pien en noir, que che sens la mord en moi. . . Tien me vera la crAze de m\inir à mon hàmi tans la donibe, ed cheu Ven remercie ! . . ,
Et il joignit les mains.
— Je l'ai déjà dit à notre administration, qui a déjà tant introduit de perfectionnements, reprit le maître des cérémonies en s'adi-essant à Villemot ; elle devrait avoir un vestiaire, et louer des costumes d'iiéritiers,. . . c'est une chose qui devient de jour en jour plus nécessaire. . . ISIais, puisque monsieur hérite, il doit prendre le manteau de deuil, et celui que j'ai apporté l'enveloppera tout entier, si bien qu'on ne s'apercevra pas de l'inconvenance de son costume... — Voulez-vous avoir la bonté de vous lever? dit-il à Schmucke.
Schmucke se leva, mais il vacilla sur ses jambes.
— Tenez-le, dit le maître des cérémonies au premier clerc, puisque vous êtes son fondé de pouvoir.
Villemot soutint Schmucke en le prenant sous les bras, et alors le maître des cérémonies saisit cet ample et horrible manteau noir - que l'on met aux héritiers pour suivre le char funèbre de la maison mortuaire à l'église, en le lui attachant par des cordes de soie noire sous le menton.
Et Schmucke fut paré en héritier.
[ Schmucke est dépouillé de ses droits sur l'héritage de Pons, et il va mourir chez le brave Topinard, accessoiriste dans le petit théâtre où il fut musicien.]
1. En effet, Pons était chef d'orchestre d'un petit théâtre du boulevard, dont Fillustre Gaudissart, le charlatan, le réclamiste par excellence, est l'imprésario. — On voit par où Balzac a pu greffer sur le sujet prin-
cipal la peinture des mœurs tùéàtrales (voir L'Œuvre expliquée), qu'il avait déjà commencée dans les Illusions perdues.
2. C'est l'un des usages qui datent, dans l'œuvre de Balzac ; on sait qu'il a disparu.
/•"/(/. '20. — Balzac passant la revue de ses personnages.
Cette caricature est 'une parodie de la fameuse ballade Revue Nocturne, dans laquelle le poète allemand Zedlilz fait déliler les héros de la Grande Armée, à minuit, dans les Champs-Klysées, devant l'ombre de Napoléon. Raflet s'est inspiré de celte ballade pom- composer une lithographie célèbre. Ici, le « Napoléon des iellres » apparaît sur un cheval de bois, maniant un sabre de bois, au milieu de ses héros à lui.