‹ Morceaux choisisChapitre 29 sur 226 · Où il fallait payer alors un droit de péag-e · texte numérisé non relu

Où il fallait payer alors un droit de péag-e

2. l'ne courlisane que Balzac suppose avoir été la maîtresse de l'un des quatre sergents de la Rochelle, exécutés surla place de Grève en iHii ; — type de corruption froide et cruelle, elle a emprunté son nom à l'un des personnag-esde la Venise Sauvée d'Otway.

3. Il s'agit de Pauline Gaudin, dont la mère tient, rue des Cordiers, l'hùtel Saint-Quentin, où demeure Raphaël (noter le choix de cet hôtel, qui avait été habi-

té par J.-J. Rousseau). — Devenu riche, Raphaël épousera Pauline, qui l'a délicatement secouru dans sa détresse, et dont il a formé l'esprit. Balzac a mis en ce personnage quelques réminiscences de M"' de Berny.

4. Raphaël est le premier en date des idéalistes déchus de la Comédie humaine. Dans Le Père Goriot Balzac étudiera de plus prés la corruption d'une énergie pure, qui abandonne la voie héroïque pour rechercher les succès d'ambition (voir p. 193 sqq., 206).

jeunes années à se rendre digfnes de la faveur '. Pendant que les pauvres gens thésaurisent et leur force et la science pour porter sans effort le poids d'une puissance- qui les fuit, les intrigants, riches de mots et dépourvus d'idées, vont et viennent, surprennent les sots, et se logent dans la confiance des demi-niais : les uns étudient, les autres marchent ; les uns sont modestes, les autres hardis : l'homme de génie tait sou orgueil, l'intrigant arbore le sien, il doit arriver nécessairement. Les liommes du pouvoir ont si fort besoin de croire au mérite tout fait, au talent effronté, qu'il y a chez le vrai savant de l'enfantillage à espérer les récompenses humaines. Je ne cherche certes pas à paraphraser les lieux communs de la vertu, le Cantique des cantiques étcrnelleiuent clianté par les génies méconnus : je veux déduire logiquement la raison des fréquents succès obtenus par les hommes médiocres.

Hélas ! l'étude est si maternellement bonne, qu'il y a peutêtre crime à lui demander des récompenses autres que les pures et douces joies dont elle nourrit ses enfants. Je me souviens d'avoir quelquefois trempé gaiement mon pain dans mon lait, assis auprès de lua fenêtre en y respiuant l'air, en laissant planer mes yeux sur un paysage de toil^ bruns, grisâtres, rouges, en ardoises, en tuiles, couverts de mousses jaunes ou Aertes. Si d'abord cette Aue me parut monotone, j'y découvris bientôt de singulières beautés. Tantôt, le soir, des raies lumineuses, parties des volets mal fermés, nuançaient et animaient les noires profondeurs de ce pays original. Tantôt, les. lueurs pâles des réverbères projetaient d'en i>as des reflets jaunâtres à travers le brouillard et accusaient faiblement dans les rues les ondulations de ces toits pressés, océan de vagues immobiles. Enfin, parfois, de rares figures apparaissaient au milieu de ce morne désert ; parmi les fleurs de quelque jardin aérien^ j'entrevoyais le profil anguleux et crochu d'une vieille femme arrosant des capucines, ou dans le cadre d'une lucarne pourrie quelque jeune fille faisant sa toilette, se croyant seule, et de qui je ne pouvais apercevoir que le beau front et les longs cheveux élevés en l'air par un

f. Balzac pouvait lancer de ces boutades amères quand il voyait des écrivains médiocres, comme E. Siie, tenir le liaut du pavé : — mais au fond il n'a jamais cessé de mettre au-dessus de tout la probité de l'esprit, et la rectitude de la vo-

lonté. Voir la suite.

2. Au delà de ses travaux littéraires, Balzac aspirait au pouvoir politique. Jusqu'en 1848. aux journées de Février, il espérait en une réaction légitimiste qui l'aurait fait ministre. (CuAMr-

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