LA FEMME ABANDONNÉE
attentive, les souffrances de l'âme en ce qu'elles ont de définitif, d'absolu, de propre à fixer pour toujours un caractère, hors des atteintes nouvelles et des sollicitations de la vie. Au début, le premier malheur de M™e de Beauséant n'a pas encore dépouillé son âme de l'enveloppe des sentiments mondains ; elle reste armée pour vivre ; elle se défend et au besoin elle attaque ; il reste de la finesse, et de la coquetterie, dans son désenchantement. Il n'y a plus rien de cela au dénouement ; la souffrance a fini de dégager l'âme, avec son infinie puissance de douleur, et son implacable don d'intuition, qui s'exerce avec la même cruauté sur soi et sur autrui.]