‹ Morceaux choisisChapitre 44 sur 226 · Paix de Lunéville (1801, 9 février · texte numérisé non relu

Paix de Lunéville (1801, 9 février

6. C'est le 19 mai 1802 que Napoléon créa Tordre militaire et civil de la Légion d'Honneur:

le 15 août 1804, il fit. au camp de Boulogne, la seconde distribution des croix. La première avait eu lieu sous le dôme des Invalides (4 juillet)

" Nous autres, qui étions là-bas, nous revenons d'Egypte. Tout était cliangé I Nous l'avions laissé général, en un rien de temps nous le retrouvons empereur. Ma loi, la France s'était donnée à lui, comme une belle lille à un lancier'. Or, quand ça lut fait, à la satisfaction générale, on peut le dire, il y eut une sainte cérémonie comme il ne s'en était jamais vu sous la calotte des cieux. Le pape et les cardinaux, dans leurs habits d'or et rouges, passent les Alpes exprès pour le sacrer devant l'armée et le peuple, qui battent des mains. Il y a une chose que je serais injuste de ne pas vous dii'e. En Egypte, dans le désert, prés de la Syrie, l'hommk rolge lui apparut dans la montagne de Moïse, pour lui dire :

« — Ça va bien !

« Puis, à Marengo, le soir de la victoire, pour la seconde fois, s'est dressé devant lui sur ses pieds l'Homme rouge, qui lui dit :

« — Tu verras le monde à tes genoux, et tu seras empe- •reur des Français, roi d'Italie, maître de la Hollande, souverain de l'Espagne, du Portugal, des provinces lUyriennes, protecteur de l'Allemagne, sauveur de la Pologue, premier aigle de la Légion d'honneur, et tout!

« Cet Homme rouge, voyez-vous, c'était son idée, à lui; une manière de piéton- qui lui servait, à ce que disent plusieurs, pour communiquer avec son étoile. Moi, je n'ai jamais cru ça^; mais l'Homme rouge est un fait véritable, et Napoléon en a parlé lui-même, et a dit qu'il lui venait dans les moments durs à passer, et restait au palais des Tuileries, dans les combles. Donc, au couronnement, Napoléon l'a vu le soir pour la troisième fois, et ils furent en délibération sur bien des choses. Lors, l'empereur va droit à Milan, se faire couronner roi d'Italie*. Là commence véritablement le triomphe du soldat. Pour lors, tout ce qui savait écrire passe ollicier. Voilà les pensions, les dotations de duchés qui pleuvent; des trésors pour l'état-major qui ne coûtaient rien à la France ; et la Légion d'honneur fournie de rentes pour les simples soldats, sur lesquelles je touche encore ma ijension, Enlin, voilà des armées tenues comme il ne s'en était jamais vu. Mais l'empereur,

{. Voilà un mot d'auteur. On en trouverait d'autres.

2. Piéton est pris ici dans son vieux seas provincial = le facteur, le messager à pied.

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