‹ Morceaux choisisChapitre 5 sur 226 · Balzac, sa vie, son œuvre · texte numérisé non relu

Balzac, sa vie, son œuvre

4. Voir Ainédôe Picliot, dans Une Pa<je perdue d'H. de Balzac (de M. de LoveDJoul), p. 28 et uote.

Fig.

Buste de Balzac, par David d'Angers.

Le grand statuaire David d'Angers, ami de Balzac, fit ce buste en 1842, avec quelques séances de pose à peine, puis l'offrit à son modèle (Voir Notice, Introduction p. 15).

Tel il faut voir Balzac, un peu bohème d'aspect, se parant et se pomponnant quand il va dans le monde, et n'arrivant ni à se donner l'air d'un gentilhomme, ni à amortir l'éclat séduisant d'un visage puissamment original, qui amusait et enchantait ses amis dans l'intimité.

Sa verve.

Déjà, nous le devinons débordant d'entrain, bouillonnant de verve. C'est un homme à la Diderot. Tout le monde nous le dit. Il tenait de son père une robustesse do constitution qui lui assurait, — sans les excès, — au moins cent ans de vie, et une grande originalité d'esprit, rehaussée d'un grain de toquade : il aura ses marottes. De sa mère, — dont il existe un délicieux portrait, — femme nerveuse, chagrine, très fine d'ailleurs, admettons qu'il tenait une susceptibilité que l'abus du café et toutes les excitations cérébrales ne firent qu'aviver, avec une gaieté d'esprit un peu fébrile. C'est le côté moins sain de son être. Mais, jeune surtout, il n'en était que plus aimable. Lisez ses lettres à Laure, sa sœur, entre 1819 et 1823, elles sont charmantes.

Vn enchanteur, voilà d'ailleurs le mot qui vient à tous, et presque en tout temps, et même à ceux qui se plaignent le plus amèrement de lui. C'est le mot du vieux général de Pommereul ' et de sa femme, chez qui, après la faillite de son imprimerie, en 1828, il alla préparer Les Chouans. Il n'est pas à Fougères depuis une heure que la maison est en révolution ; personne ne résiste à cette gaieté aimante, à cette joie de vivre endiablée et tourbillonnante, tapageuse, mais si bon enfant qu'elle rend des forces, pour la supporter, aux gens fatigués. Le bibliophile Jacob ^ a beau se rappeler consciencieusement toutes les bonnes raisons qu'il a de garder rancune à Balzac, il lâche le mot : « C'était à vrai dire un charmeur, un enchanteur... Je n'ai jamais entendu une conversation plus captivante. . . Il parlait de tout — avec la même finesse et la même originalité ». — Werdet ', cet éditeur qui eut le talent de se rendre déplaisant en racontant comment Balzac le ruina, fait meilleure contenance, il se défend contre le charme, insiste sur ce qu'il y avait chez lui du comédien : « Insinuant, flatteur, obséquieux, rempli de grâces félines, d'une facilité d'élocution étonnante et d'une audace de hâblerie que rien n'intimidait; il savait fort bien qu'il était difficile qu'on pût lui reprocher quelque chose ».

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