‹ Morceaux choisisChapitre 68 sur 226 · Banquier à Douai · texte numérisé non relu

Banquier à Douai

2. Balzac pensait qu'il appartenait au roman, et non pas au drame, de réaliser l'alliance du comique et du tragique, du grotesque et da sublime, promise à grand fracas par Hugo en 1827.

— il avait publié d'//^ernantune très mordante critique (mars 1830).

3. En effet celte femme, pleine de cœur, mais très ignorante,

avait lu tous les livres relatifs à la science que son mari adorait, par une sorte de jalousie sublime, — elle avait voulu être initiée à tous les secrets de la vie intellectuelle de Claes.

4. Balzac a étudié précédemment le conflit tragique de lamour conjugal et de l'amour maternel chez M"" Claes, qui a fini, le cœur torturé, par faire passer celui-ci après celui-là.

LA RECHERCHE DE L ABSOLU

Oui, l'amour est le plus beau de tous les sentiments ! Avoir de la raison! ajouta-t-il en se frappant la poitrine, en manqué-je ? ne suis-je pas moi ? Nous sommes pauvres, ma lille, eh bien, je le veux ainsi. Je suis votre père, obéissezmoi. Je vous ferai riches quand il me plaira. Votre fortune, mais c'est une misère. Quand j'aurai trouvé un dissolvant du carbone, j'emplirai votre parloir de diamants, et c'est une niaiserie en comparaison de ce que je cherche. Vous pouvez bien attendre, quand je me consume en efforts gigantesques. . .

— Mon père, je n'ai pas le droit de vous demander compte des quatre millions que vous avez engloutis sans résultat dans ce grenier. Je ne vous parlerai pas de ma mère, que vous avez tuée. Si j'avais un mari, je l'aimerais, sans doute, autant que vous aimait ma mère, et je serais prête à tout lui sacrilier, comme elle vous sacrifiait tout. J'ai suivi ses ordres en me donnant à vous tout entière, je vous l'ai prouvé en ne me mariant point/ afin de ne pas vous obliger à me rendre votre compte de tutelle. Laissons le passé, pen- .sons au présent. Je viens ici représenter la nécessité que vous avez créée vous-même. Il faut de l'argent pour vos lettres de cliauge, entendez-vous ? Il n'y a rien à saisir ici que le portrait de notre aïeul Van Glaes-. Je viens donc au nom de ma mère, qui s'est trouvée trop faible pour défendre ses enfants contre leur père et qui m'a ordonné de vous résister, je viens au nom de mes frères et de ma sœur, je viens, mon père, au nom de tous les Claes, vous commander de laisser vos expériences, de vous faire une fortune à vous avant de les poursuivre. Si vous vous armez de votre paternité, qui ne se fait sentir que pour nous tuer, j'ai i)our moi vos ancêtres et l'honneur, qui parlent plus haut que la chimie. Les familles passent avant la science. J'ai trop été votre lille !

— Et tu veux être alors mon bourreau ! dit-il d'une voix affaiblie.

Marguerite se sattva pour ne i)as abdiquer le rôle qu'elle venait de prendre, elle crut avoir entendu la voix de sa mère quand elle lui avait dit : Ne contrarie pas trop ton père, aime-le bien !

1. Elle est fiancée. — Sa mère lui a laissé une lettre où elle lui disait : « Je ne pouvais l'abandonner, je me devais à lui. Toi, Marguerite, sauve la famille. Je fabsous de tout ce que tu feras

pour défendre Gabriel, Jean et Félicie... Sois ferme, Je n'ose dire sans pitié... Ce sera être pleine de cœur que d'oublier ton cœur. »

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