‹ Morceaux choisisChapitre 7 sur 226 · Cf. euœre Werdet, Op. cil., p · texte numérisé non relu

Cf. euœre Werdet, Op. cil., p

le fameux dîner à V Hôtel des Haricots, où Balzac était enfermé de temps en temps pour n'avoir pas pris im tour de garde.

imour de paraître, . sa rage de succès sont illimités. De ses^ Euvres, il parlait sans modestie. A M""= Hanska, 26 novembre 1834 : i Je vous avais bien dit que [La Recherche de} V Absolu vous étonlerait; eh bien, vous concevrez encore moins Le Père Goriot. » L,e 19 juillet 1844 : « La troisième partie [de Modeste Mignon] est in chef-d'œuvre, selon moi. C'est la comédie de Taine, de Goethe, •amenée à la vérité pure. » A M"" Carraud, 2 août 1833, sur Le Médecin de Campagne : « Vous lirez ce magnifique ouvrage, vous rerrez jusqu'où j'ai été. Ma foi, je crois pouvoir mourir en paix, l'ai fait pour mon paj's une grande chose. Ce livre vaut, à mon sens, plus que des lois et des batailles gagnées ». Voilà qui dépasse m peu l'enivrement permis à l'artiste dans le feu dp l'exécution. 3n trouverait par dizaines des bravades analogues dans la Cor- -espondance. Les superlatifs les plus éclatants sont ternes, à son fré, pour qualifier ses œuvres ; il les accumule en Babels d'admi- ■ation 1.

Cette vanité n'avait rien de dissimulé, rien de perfide. C'est, jncore, une vanité d'enfant. 11 faut lire chez Werdet* la soirée [u'il passa avec Balzac, le jour du triomphe de son Livre mysique, et l'effet prestigieux que tirent Balzac et son illustre canne, i la porte Saint-Martin, jiuis à la terrasse de ïortoni. Il en ouïssait, sans le moindre soupçon de ridicule. Delécluze aussi ,'a vu aux Italiens dans la loge infernale (ainsi nommée parce ïue le tapage de cette bohème mondaine et piaflante obligeait quelquefois le commissaire à de courtoises interventions): Balzac lient sa canne, étincelante de pierres précieuses, comme un sceptre, et il répond aA-ec une joie exubérante aux saluts qu'on ui adresse de toute la salle. — Cette vanité n'est pas méfiante, ît se laisse mystifier : enfermé à Clichy, Balzac reçoit un jour, l'une admiratrice inconnue, (il en avait tant !) une natte de cheveux de la plus grande beauté ; et pas un instant il ne se ioute que ses amis, qui assistent au déballage de ce colis par- 'umé et précieux, ont su ce qu'il coûtait chez un coiffeur en ["enom. Mais soyons en garde contre les amis de Balzac : Comment prendre au sérieux Gozlan quand il prétend que Balzac entretenait par pure vanité la «légende» de ses fabuleuses dettes! Je croirais plus volontiers Le Voltaire s, lorsqu'il se fit en 1884 l'écho d'un bruit selon lequel personne n'aurait été dupe du luxe, d'assez mauvais goût, affiché par Balzac, et tout le monde aurait su qu'il allait chercher son impressionnant habit à boutons d'or chez

1. Il faut dire, pour être exact, qu'une fois l'œuvre finie, Balzac connaît la prostration du dégoût et le désespoir le la sentir si différente de sa conception ! Voir Letlrç à VEtrcmQtre, l, 13 ;

U, 120, etc.

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