‹ Morceaux choisisChapitre 70 sur 226 · C'est le mot de l'inspiré Texpression de l'inspiré · texte numérisé non relu

C'est le mot de l'inspiré Texpression de l'inspiré

(souligné par Balzac;. Claes di- ± Voir supra.

sait à sa femme : a Songe donc 3. M"' Claes a laissé en dépôt

que si moi, moi le premier ! si chez le vieil abbe de Solis, l'on-

je trouve,... si je trouve cle du tiancè de Marguerite,

si .je trouve ! — En disant ces 1/0,000 fr. comme dernière res-

mots sur trois tons ditlerents, source. Et il lui reste des biens son visage monta par degrés à . immobiliers.

LA RECHERCHE DE L'aBSOLU 181

— Mon père, répondit-elle avec un accent de douleur, j'ai ma fortune 1.

— Donne-la moi ! dit-il en laissant échapper un geste avide, je te rendrai tout au centuple.

— Oui, je vous la donnerai, répondit Marguerite en contemplant,Balthazar, qui ne comprit pas le sens que sa fille mettait à ce mot.

— Ah ! ma chère lille, dit-il, tu me sauves la vie ! J'ai imaginé une dernière expérience, après laquelle il n'y a plus rien de possible. Si, cette fois, je ne le trouve pas, il faudra renoncer à chercher l'absolu-. Donne-moi le bras, viens, mon enfant chérie, je voudrais le faire la femme la plus heureuse de la terre ; tu me rends au bonheur, à la gloire ; tu me procures le pouvoir de vous combler de trésors, je vous accablerai de joyaux, de richesses...

Il liaisa sa lille au front, lui prit les mains, les serra, lui témoigna sa joie par des càlineries qui parurent presque serviles à Marguerite. Pendant le dîner, Balthazar ne voyait qu'elle, il la regardait avec l'empressement, avec l'attention, la vivacité qu'un amant déploie pour sa maîtresse 3; faisaitelle un mouvement, il cherchait à deviner sa pensée, son désir, et se levait pour la servir ; il la rendait honteuse, il mettait à ses soins une sorte de jeunesse qui contrastait avec sa vieillesse anticipée. Mais, à ces cajoleries, Marguerite opposait le tableau de la détresse actuelle, soit par un mot de doute, soit par un regard ([u'elle jetait sur les rayons vides des dressoirs de cette salle à manger.

— 'V^a, lui dit-il, dans six mois nous remplirons ça d'or et de merveilles. Tu seras comme une reine. Bah ! la nature entière nous appartiendra, nous serons au-dessus de tout..., et par toi, ma Marguerite... Margarita! reprit-il en souriant, ton nom est une prophétie. Margarita veut dire une perle. Sterne a dit cela quelque part*. As-tu lu Sterne ? veux-tu un Sterne? ça t'amusera.

— La perle est, dit-on, le fruit d'une maladie^, reprit-elle avec amertume, et nous avons déjà bien souffert!

1 . Les lettres de change payées, il reste à Marguerite 70,000 fr.

2. Le but dernier de Claes est de créer unecliiiiiie unitaire, de découvrir le corps simple, unique, dont les cinquante-trois corps dits simples de la chimie d'alors ne seraient que des modifications.

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