‹ Morceaux choisisChapitre 90 sur 226 · Noter ce soin à décrire l'a · texte numérisé non relu

Noter ce soin à décrire l'a

psychologue qu'autant qu'ilfaut l'être pour débattre des intérêts Unanciers. Au contraire. Solunatomie professionnelle. i ^et le dilettante est un psycho-

4. Plaisant, grotesque. Italien logue a longue portée falotico, capricieux? — Voltai- .'»•. lout ceci est induit de l'ex- "^g ■ ' teneur du personnage. Nous

-.^ ' , saisissons sur le fait la métho-

Ln bon couplet, cliez ce peuple falot, (jg ^jg reconstruction imagina- De tout mente est nufaiUible lot. tj^.g propre à tous les grands

o. Mais Balzac dira plus tard : observateurs. (Voir Xotice Mo- « Si Maître Mathias se connais- graphique et littéraire, p. 39 sqq.)

admettre et conserver les solennités de famille, célébrer les anniversaires, les fêtes des grand'mères et des enfants, enterrer avec cérémonie la bûche de Noël ; il devait aimer à donner des étrennes, à faire des surprises et offrir des œufs de Pâques ; il devait croire aux obligations du parrainage et ne déserter aucune des coutumes qui coloraient la vie d'autrefois. Maître Mathias était un noble et respectable débris de ces notaires, grands hommes obscurs, qui ne donnaient pas de reçu en acceptant des millions, mais les rendaient dans les mêmes sacs, licelés de la même licelle ; qui exécutaient à la lettre les lidéicommis ', dressaient décemment les inventaires-, s'intéressaient comme de seconds pères aux intérêts de leurs clients, barraient quelquefois le chemin devant les dissipateurs, et à qui les familles conliaient leurs secrets ; enfin l'un de ces notaires qui se croyaient responsables de leurs erreurs dans les actes, et les méditaient longuement. Jamais, durant sa vie notariale, un de ses clients n'eut à se ^îlaindre d'un placement perdu, d'une hypothèque ou mal prise ou mal assise. Sa fortune, lentement, mais loyalement acquise, ne lui était venue qu'après trente années d'exercice et d'économie. Il avait établi quatorze de ses clercs. Religieux et généreux incognito. Mathias se trouvait partout où le bien s'opérait sans salaire. Membre actif du comité des hospices et du comité, de bienfaisance, il s'inscrivait pour la plus forte somme dans les impositions volontaires destinées à secourir les infortunes subites, à créer quelque établissement utile. Aussi, ni lui ni sa femme n'avaient-ils de voiture, aussi sa parole était-elle sacrée, aussi ses caves gardaientelles autant de capitaux qu'en avait la Banque, aussi le nommait-on le bon M. Mathias, et, quand il mourut, y eut-il trois mille personnes à son convoi.

Solonet^ était ce jeune notaire qui arrive en fredonnant, affecte un air léger, prétend que les affaires se font aussi bien en riant qu'en gardant son sérieux ; le notaire capitaine dans la garde nationale, qui se fâche d'être pris pour

1. C'est la disposition par la- les biens, mobilier, papiers, quelle on charge un donataire. etc.

héritier ou lég-ataire, de remet- ;}. Cf. Les magistrats petits

tre à un tiers toutou partie des maîtres dans la Bruyère, De la

biens à lui attribués. Ville : «... Ils se tiennent fort

2. Des états qu'on dresse de au-dessus de la gravité de la rotons les biens d'une personne be... Ils s'approprient la vanidécèdée ou interdite. Il faut té, la mollesse, l'intempérance, du tact pour dresser décemment le libertinage, comme si tous un inventaire, où figurent tous ces vices leur étaient dus ».

un notaire et postule la croix de la Léj;ion d'honneur, qui a sa voiture et laisse vérilier les pièces à ses clercs ; le notaire qui va aa bal, au spectacle, achète des tableaux et joue à l'écarté, qui a une caisse où se versent les dépôts et rend en billets de banque ce qu'il a reçu en or ; le notaire qui marche avec son époque et risque les capitaux en placements douteux, spécule et veut se retirer riche de trente mille livres de rente après dix ans de notariat ; le notaire dont la science vient de sa duplicité', mais que beaucoup de gens craignent comme un complice qui possède leurs secrets ; enfin, le notaire qui voit dans sa charge un moyen de se marier à quelque héritière en bas bleus.

'[Mis au pied du mur, Solonet, qui a vainement essayé d'enjôler le bonhomme, est obligé d'avouer que la fortune de M™" Evangélista est très compromise par ses dépenses, bien qu'elle continue à mener grand train. Ceci se passe pendant que ce bon garçon de Paul de Manerville fait sa cour, de l'autre côté de la cloison, à Natalie Evangélista; Mathias va le mettre au courant.]

■ Au moment où, semblable aux jeunes gens habitués à satisfaire leurs plaisirs sans calcul préalable, Paul- s'engageait inconsidérément dans les dépenses d'un séjour à Paris, Maître Mathias entra dans le salon et lit signe à son client de venir lui parler.

— Qu'y a-t-il, mon ami ? dit Paul en se laissant conduire à l'écart.

— Monsieur le comte, dit le bonhomme, il n'y a pas un sou de dot. Mon avis est de remettre la conférence à un autre jour, afin que vous puissiez prendre un parti convenable.

— Monsieur Paul, dit Xatalie, je veux vous dire aussi mon mot à part.

Quoique la contenance de Madame Evangélista ^ fût calme, jamais juif du moyen âge ne souffrit dans sa chaudière pleine d'huile bouiÙanle le martyre qu'elle soulfrait

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