‹ Morceaux choisisChapitre 99 sur 226 · Il a été élevé au collège des Oratoriens de Pont-Levoy · texte numérisé non relu

Il a été élevé au collège des Oratoriens de Pont-Levoy

2. Cf. I>a Bruyère (De la Société...) : « Les manières, que l'on néglige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal... La politesse

3. Au sens originel = de basse extraction, de qualité grossière.

4. Pascal disait (éd. Brunschvicg n» 541) : « Nul n'est heureux comme un vrai chrétien, ni raisonnable, ni vertueux, ni aimable.» Cf. p. 441 : en prenant Je

politesse parti de croire « vous serez tidèn'inspire pas toujours la bonté, | le, honnête, humble... ami sinl'équité, la complaisance, la gra- 1 cère, véritable... Je vous dis titude; elle en donne dû moins que vous y gagnerez en cette les apparences, et fait paraître vie. » Cf. p. 421 : Les personnes l'homme au dehors comme il du monde « savent que la seule devrait être intérieurement... i voie d'y réussir est de se faire

Il faut avoir de bien éminentes qualités pour se soutenir sans la politesse, etc. » Cf. ce que dit Yauvenargues sur le commerce du monde.

paraître honnête, fidèle, judicieux . . . >> Voir aussi saint François-de-Salcs. Introduction à la çie dévote 1. I, f hap. 4 : « Toutes sortes de pierreries jetées de-

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souvenir d'Henriette, ne soyez donc pas une fontaine sans eau, ayez l'esprit ef la forme ! Ne craignez pas d'être souvent la dupe de cette vertu sociale, tôt ou tard vous recueillerez le fruit de tant do grains en apparence jetés au vent. Mon père a remarqué jadis qu'une des façons les plus blessantes dans la politesse mal entendue est l'abus des promesses. Quand il vous sera demandé quelque chose que vous ne sauriez faire, refusez net, en ne laissant aucune fausse espérance ; puis accordez promptement ce que vous voulez octroyer : vous acquerrez ainsi la grâce du refus et la grâce du bienfait, double loyauté qui relève merveilleusement un caractère. Je ne sais si l'on ne nous en veut pas plus d'un espoir déçu qu'on ne nous sait gré d'une faveur. Surtout, mon ami, car ces petites choses sont bien dans mes attributions, et je puis m'appesantir sur ce que je crois savoir, ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé^ trois écueils ! La trop grande confiance diminue le respect, la banalité nous vaut le mépris, le zèle^ nous rend excellents à exploiter.

« Et d'abord, clier enfant, vous n'aurez pas plus de deux ou trois amis dans le cours de votre existence, votx-e entière confiance est leur bien ; la donner à plusieurs n'est-ce pas les trahir ? Si vous vous liez avec quelques hommes plus intimement qu'avec d'autres, soyez donc discret sur vousmême, soyez toujours réservé comme si vous deviez les avoir un jour pour compétiteurs, pour adversaires ou pour ennemis-, les hasards de la vie le voudront ainsi. Gardez donc une attitude qui ne soit ni froide ni chaleureuse, sachez trouver cette ligne moyenne sur laquelle un homme peut demeurer sans rien compromettre. Oui, croyez que le galant homme est aussi loin de la lâche complaisance de Philinte que de l'âpre vertu d'Alceste. Le génie du poète comique^ brille dans l'indication du milieu vrai que saisissent les spectateurs nobles ; certes, tous pencheront plus vers les ridicules ,de la vertu que vers le souverain mépris caché sous la bonhomie de l'égoïsme ; mais ils sauront se préserver de l'un et de l'autre. Quant à la banalité, si elle fait dire de vous par quelques niais que vous êtes un homme

dans le miel en deviennent plus éclatantes, chacune selon sa couleur, et chacun devient plus agréable en sa vocation, la conjoignant à la dévotion ».

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