LA MESURE DES HEURES
L'été est la saison du bonheur. Quand re\-iennent parmi les arbres, dans la moniagne ou sur les plages, les belles heures de l'année, celles qu'on attend et qu'on espère du lond de l'hiver, celles qui nous ouvrent enfin les portes dorées du loisir, apprenons à en jouir pleinement, longuement, voluptueusement. Ayons pour ces heures pri\nlcgiées une mesure plus noble que celle où nous répandons les heures ordinaires. Recueillons leurs éblouissantes minutes dans des urnes inaccoutumées, glorieuses, transparentes et faites de la lumière même qu'elles doivent contenir ; comme on verse un vin précieux non dans les verreries vulgaires de la table quotidienne, mais dans la plus pure coupe de cristal et d'argent que recèle le dressoir des grandes lêtes.
Mesurer le temps ! Nous sommes ainsi faits que nous ne prenons conscience de celui-ci et ne pouvons nous pénétrer de ses tristesses ou de ses félicilcâ qu'à la condition de le compter, de le peser