ACTE II, SCÈNE III
moins de regrets... Non, je ne vous suis rien... Je ne suis qu'un pauvre homme qui regarde un instant le but même de sa vie... Je suis un malheureux qui ne demande rien, qui ne sait même plus ce qu'il faut demander, mais qui voudrait vous dire, si la choss est possible, pour que vous le sachiez avant de le quitter, ce que vous ave-i; été, et ce que vous serez jusqu'au bout dans sa vie...
VANNA
Vous me connaissez donc ?... Qui êtes-vous ?...
PRINZIVALLE.
Vous n'avez jamais vu cehii qui vous regarde, comme on regarderait, dans un monde de fées, la source de sa joie et de son existence... comme je n'espérais pas vous regarder un jour ?...
VANNA
Non... Du moins je ne crois pas...
PRINZIVALLE.
Oui, vous ne saviez pas... et j'étais sûr, hélas ! que vous ne saviez plus... — Or vous aviez huit ans, et moi j'en avais ilouze, qua.id je vous rencontrai pour la première fois...
VANNA
Où cela ?.«
A Venise, un dimanche de juin. — Mon père, le vieil orfèvre, apportait un collier de perles à notre mère. — Elle admirait les perles... J'errais dans le jardin... Alors, je vous trouvai sous un bosquet de myrtes, près d'un bassin de marbre... Une mince bague d'or était tombée dans l'eau... Vous pleuriez près du bord... J'entrai dans le bassin. — Je faillis me noyer ; mais je saisis la bague et vous la mis au doigt... — Vous m'avez embrassé et vous étiez heureuse...
VANNA
C'était un enfant blond nommé Gianello. — Tu es Gianello ?...
PRINZrVALLE, Oui.-
VANNA
Qi'i vous eût reconnu ?... — Et puis votre visage e&t cajché par c£s linges... je ne vois qud vo6 yaux...