Iles déscrtes de. la mer du Sud
célèbres dans le voyage de l'amiral Anson. (Vote de Rousseau.)
Voir la note 1, p. 145.
4.*La Correspondance littéraire de Grimm juge ce passage une «chose grossière » et une «€ platitude ». Discuter cette opinion.
Etudier le pittoresque familier de Rousseau (Voir plus bas la description des Vendanges).
disposition. — Ma foi, lui dis-je, il ne vous en a coûté que de la négligence. Ce lieu est charmant, il est vrai, mais agreste et abandonné: je n’y vois point de travail humain, Vous avez fermé la porte ; l’eau est venue je ne sais comment ; la nature seule a fait tout le reste; et vous-même n'eussiez jamais su faire aussi bien qu’elle. — 11 est vrai, dit-elle, que la nature a tout fait, mais sous ma direction, et il n’y a rien là que je n’aie ordonné. Encore un coup, devinez. — Premièrement, repris-je, je ne comprends point comment avec de la peine et de l’argent on a pu suppléer au temps. Les arbres... — Quant à cela, dit M. de Wolmar, vous remarquerez qu'il n’y en a pas beaucoup de fort grands, et ceux-là y étaient déjà. De plus, Julie a commencé ceci longtemps avant son mariage et presque d’abord après la mort de sa mère, qu’elle vint! avec son père chercher ici la solitude. — Hé bien, dis-je, puisque vous voulez que tous ces massifs, ces grands berceaux, ces touffes pendantes, ces bosquets si bien ombragés, soient venus en sept ou huit ans, et que l’art s’en soit mêlé, j'estime que, si dans une enceinte aussi vaste vous avez fait tout cela pour deux mille écus, vous avez bien économisé. — Vous ne surfaites que de deux mille écus, dit-elle ; il ne m’en a rien coûté. — Comment rien ? — Non, rien; à moins que vous ne comptiez une douzaine de journées par an de mon jardinier, autant de deux ou trois de mes gens, et quelques-unes de M. de Wolmar lui-même, qui n’a pas dédaigné d’être quelquefois mon garçon jardinier?. » Je ne comprenais rien à cette énigme ; mais Julie, qui jusque-là m'avait retenu, me dit en me laissant aller : « Avancez et vous comprendrez. Adieu Tinian, adieu Juan Fernandez, adieu tout l’enchantement! Dans un moment vous allez être de retour du bout du monde. »
Je me mis à parcourir avec extase ce verger ainsi métlamorphosé ; et, si je ne trouvai point de plantes exotiques et de productions des Indes, je trouvai celles du pays disposées et réunies de manière à produire un effet plus riant et plus agréable. Le gazon verdoyant, épais, mais court et serré, était mêlé de serpolet, de baume, de thym, de marjolaine, et d’autres herbes odorantes. On y voyait briller mille