Espèce de menthe » (Dicé, de Féraud
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fleurs des champs, parmi lesquelles l’œil en démêélait avec surprise quelques-unes de jardin, qui semblaient creître naturellement avec les autres. Je rencontrais de temps en temps des touffes obscures, impénétrables aux rayons du soleil, comme dans la plus épaisse forêt; ces touffes étaient formées des arbres du bois le plus flexible, dont on avait fait recourber les branches, pendre en terre, et prendre racine, par un art semblable à ce que font naturellement les mangles!':en Amérique. Dans les lieux plus découverts je voyais çà et là, sans ordre et sans symétrie, des broussailles de roses, de framboisiers, de groseilles, des fourrés de lilas, de noisetier, de sureau, de seringat, de genêt, de trifolium, qui paraient la terre en lui donnant l'air d’être-en friche. Je suivais des allées tortueuses et irrégulières bordées de cés bocages fleuris, et couvertes de mille guirlandes . de vigne de Judée, de vigne vierge, de houblon, de liseron, de couleuvrée?, de clématite, et d’autres plantes de cette espèce, parmi lesquelles le chèvrefeuille et le jasmin daignaient se confondre. Ces guirlandes semblaient jetées négligemment d’un arbre à l’autre, comme j'en avais remarqué quelquefois dans les forêts, et formaient sur nous des espèces de draperies qui nous garantissaient du soleil, tandis que nous avions sous nos pieds un marcher doux, commode et sec, sur une mousse fine, sans sable, sans herbe, et sans rejeton raboteux. Alors seulement je découvris, non sans surprise, que ces ombrages verts et touffus, qui m’en avaient tant imposé de loin, n'étaient formés que de ces plantes rampantes et parasites, qui, guidées le long des arbres, environnaient leurs têtes du plus épais feuillage, et leurs pieds d'ombre et de fraicheur. J’observai même qu’au moyen d’une industrie assez simple on avait fait prendre racine sur les troncs des arbres à plusieurs de ces plantes, de sorte qu’elles s’étendaient davantage en faisant moins de chemin. Vous concevez bien que les fruits ne s’en trouvent pas mieux de toutes ces additions ; mais, dans ce lieu seul, on a sacri-. fié utile à l’agréable, et, dans le reste des terres, on a pris un tel soin des plants et des arbres, qu'avec ce verger de moins la récolte en fruits ne laisse pas d’être plus forte qu'auparavant. Si vous songez combien au fond d’un bois on est charmé quelquefois de voir un fruit sauvage et même