Les signes marqués pour se diriger
5. I1 y a là déjà Je goût de la nature romantique. Mais Jean- Jacques ne l’a éprouvé qu’à l’oc-
1. Lettre où il parlait de se tuer s’il restait séparé d'elle.
2. Cette construction tend à disparaître. Mais Féraud en 1787 indique encore que désirer de
revoir vaut beaucoup mieux que désirer revoir.
3. Monuments — souvenirs,avec une idée accessoire : « Marque qui transmet à la postérité le souvenir de quelque chose de mémorable » (Féraud). 11 y a dans la pensée de Saint-Preux un ton solennel qui est voulu.
casion. Il préfère à l'ordinaire des spectacles plus riants. L’Ermitage lui plait paree qu'il est « solitaire plutôt que sauvage ».
Les sites qu'il choisit pour ses rêves ou pour y vivre ne sont
jamais farouches. La vraie nature romantique a été décrite -
par Chateaubriand, Senancour,
- LA NOUVELLE HÉLOÏSR
une chaîne de roches inaccessibles séparait l’esplanade où nous étions de cette partie des Alpes qu’on nomme les Glacières!, parce que d'énormes sommets de glace qui s’accrois- ‘sent incessammentles couvrent depuis le commencement du monde. Des forêts de noirs sapins nous ombrageaient tristement à droite. Un grand bois de chêne était à gauche au delà du torrent ; et au-dessus de nous cette immense plaine d’eau que le lac forme au sein des Alpes nous séparait des riches côtes du pays de Vaud, dont la cime du majestueux Jura couronnait le tableau.
Au milieu de ces grands et superbes objets,le petitterrain où nous étions étalait les charmes d’un ‘séjour riant et champêtre ; quelques ruisseaux filtraient à travers les rochers, et roulaient sur la verdure en filets de cristal ; quelques arbres fruitiers sauvages penchaient leurs têtes sur les nôtres; la terre humide et fraiche était couverte d'herbes et de fleurs. En comparant un si doux séjour aux objets qui l’environnaient, il semblait que ce lieu désért dût être l’asile de deux amants échappés seuls au bouleversement de la nature?.
Quand nous eùmes atteint ce réduit et que je l’eus quelque temps contemplé : « Quoi! dis-je à Julie en la regardant avec un œil humide, votre cœur ne vous dit-il rien ici, et ne sentez-vous point quelque émotion secrète à l’aspect d’un lieu si plein de vous? » Alors, sans attendre sa réponse, je la conduisis vers le rocher, et lui montrai son chiffre gravé dans mille endroits, et plusieurs vers du Pétrarque et du Tasse relatifs à la situation où j'étais en les traçant #, En les revoyant moi-même après si longtemps, j'éprouvai combien la présence des objets peut ranimer puissamment les sentiments violents dont on fut agité près d’eux. Je lui dis avec un peu de véhémence : « O Julie, éternel charme de mon cœur ! voici les lieux où soupira jadis pour toi le plus fidèle amant du monde : voici ie séjour où ta chère image faisait son bonheur, et préparait celui qu’il reçut
etc., précédés d’ailleurs par les goûts des voyageurs.