‹ Morceaux choisis;Chapitre 122 sur 312 · Comprenons : illustre pour ces paysans · texte numérisé non relu

Comprenons : illustre pour ces paysans

.3. Pour la suppression de Particle, voir la règle : Faire leçon, p. 103, n. 4.

4. Ce type idyllique du paysan secouru et reconnaissant devint un des thèmes traditionnels du roman, des moralistes et aussi

de l'imagination des gens du monde. Îl fut de mode d’aller visiter les paysans chez eux et de sembler s'intéresser à leur vie.

do. Goût = saveur.

6. Rousseau a en effet marquè une très juste différence entre Julie, jeune fille riche, délivrée de tout souci domestique, portée à la rêverie et aux « langueurs » de la sensibilité, et Julie, épouse, mère de deux enfants, chargée de la direction intérieure du château de Wolmar.

lentes mères de famille, contentes d'étudier quand il faut agir, qui perdent à s’instruire des devoirs d'autrui le temps qu’elles devraient mettre à remplir les leurs. Elle pratique aujourd’hui ce qu’elle apprenait autrefois. Eile n’étudié plus, elle ne lit plus,elle agit!. Comme elle se lève une heure plus lard que son mari, elle se couche aussi plus tard d’une heure. Cette heure est le seul temps qu’elle donne.encore à l'étude, et la journée ne lui paraît jamais assez longue pour tous les soins dont elle aime à la remplir.

[Dans la lettre qui suit, Rousseau développe les idées de M°:° de Wolmar sur l'éducation, C’est une première ébauche, moins systématique et moins neuve, des doctrines’ qui seront exposées daus l’Emile. La lettre 7, de Saint-Preux, montre que les travaux champêtres occupent tout le monde au chäteau. Les vendanges sont le signal d’une joyeuse activité.]

Ê Les Vendanges. |

Depuis un mois les chaleurs de l’automne apprêtaient d'heureuses vendanges ; les premières gelées en ont amené l’ouverture?; le pampre grillé, laissant la grappe à découvert, étale aux yeuxles dons du père Lyée#,et semble inviter les mortels à s’en emparer. Toutes les vignes chargées de ce fruit bienfaisant que le ciel offre aux infortunés pour leur faire oublier leur misère‘; le bruit des tonneaux, des cuves, des légrefass5 qu’on relie de toutes parts; le chant des vendangeuses dont ces coteaux retentissent ; la marche continuelle de ceux qui portent la vendange au pressoir ; le rauque son des instruments rustiques qui les anime au travail ; l’aimable et touchant tableau d’une allégresse générale qui

truite étant jeune que il ue Le ciel offre aux infortunés.… seau exagérera son dédain de 2 EE à NAair oct on féminine dans le 4. La Nouvelle Héloïse contient portrait de Sophie. (Voir /ntro- | Plusieurs fois l'éloge du vin. E , ANA Dans son voyage du Valais, duction, p. 49 et les Extraits.) ae ; à à e 2.-On vendange fort tard dans le Saint-Preux raconte même qu’il ; "AN RES Le s’enivrait par politesse envers pays de Vaud parce que la principale 27h : Rs Pay P q P P ses hôtes. Bernardin de Saint-

récolte est en vins blancs et que la RER gelée leur est salutaire. (Note de Rous- : AU Hi SP LÉ FE pre nes ER 72; DE € € +

seau). 2 e v- « 3. Surnom grec de Bacchus boire une bouteille de vin qu'un (luaios), le dieu qui délivre ({u6) verre de liqueur » et qu’il en buqua ERY 4 “ \ UE L des soucis. Rousseau ne savait Me HR bouteille par repas. pas le grec etil est douteux que 5. Sorte de foudre ou de grand ce nom soit appelé par la phrase tonneau du pays. (Note de Rousseau.)

1. Mais elle s’est beaucoup ins- qui suit : ce fruit bienfaisant que

LA NOUVELLE IÉLOÏSE 467

semble en ce moment étendue sur la face! dela terre ; enfin le voile de brouillard que le soleil élève au matin comme une toile de théâtre pour découvrir à l’œil un si charmant spectacle : tout conspire à lui donner un air de fête ; et cette fête n’en devient que plus belle à la réflexion, quand on songe qu'elle est la seule où les hommes aient su joindre l’agréable à l'utile?227

Vous ne sauriez concevoir avec quel zèle, avec quelle gaielé tout cela se fait. On chante, on rit toute la journée ; et le travail n’en va que mieux. Tout vit dans la plus grande familiarité ; tout le monde est égal, et personne ne s’oublie. Les dames sont sans airs, les paysannes sont décentes, les hommes badins et non grossiers. C’est à qui trouvera les meilleures chansons, à qui fera les meilleurs contes, à qui dira les meilleurs traits. L'union même engendre les folâtres querelles ; et l’on ne s’agace mutuellement que pour montrer combien on est sûr les uns des autres. On ne revient point ensuite faire chez soi les messieurs ; on passe aux vignes toute la journée : Julie y a fait faire une loge où l’on va se chauffer quand on a froid, et dans laquelle on se réfugie en cas de pluie. On dine avec les paysans et à leur heure, aussi bien qu’on travaille avec eux. On mange avec appétit leur soupe un peu grossière, mais bonne, saine, et chargée d’excellents légumes3. On ne ricane point orgueilleusement de leur air gauche et de leurs compliments rustauds ; pour les mettre à leur aise, on s’y prête sans affectation. Ces complaisances ne leur échappent pas, ils y sont sensibles ; et voyant qu’on veut bien sortir pour eux de sa place, ils s’en tiennent d’autant plus volontiers dans la leur. A diner, on amène les enfants, et ils passent le reste de la journée à la vigne. Avec quelle joie ces bons villageois les voient arriver ! «O bienheureux enfants, disent-ils, en les

tribua à mettre à la mode ces rusticilés où se complut un peu hypocritement la société riche du 18e siècle. On voit par exemple la princesse de Condé, le duc de Croy, la duchesse de Bour-

1. Nous n'avons pas trouvé d'exemple de l'emploi du mot face avec le sens de surface.

Rousseau veut par conséquent personnifier la terre,

2. Notons, au début de cette description, que les vendanges et vendangeurs, comme la cueillette des cerises, avaient été évoqués par les auteurs d'opéras-comiques avant cette date. Mais c’étaient des scènes d'idylle factice et non, comme ici, le tableau vrai des travaux rustiques.

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