‹ Morceaux choisis;Chapitre 136 sur 312 · Portée — portée d'esprit · texte numérisé non relu

Portée — portée d'esprit

L'ÉRMILE 183

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ces dispositions louables, et je m’en retournai riant en moimême de la haute sagesse des pères et des maitres, qui pensent apprendre l’histoire aux enfants.

| Les Fables. |

Emile n’apprendra jamais rien par cœur, pas même des fables, pas même celles de La Fontaine, toutes naïves!, toutes charmantes qu’elles sont? ; car les mots des fables ne sont pas plus les fables que les mots de l’histoire ne sont l’histoire. Comment peut-on s’aveugler assez pour appeler les fables la morale des enfants, sans songer que l’apo-. logue, en les amusant, les abuse ; que, séduits par le mensonge, ils laissent échapper la: vérité, et que ce qu’on fait pour leur rendre l'instruction agréable, les empêche d’en profiter ? Les fables peuvent instruire les hommes#, mais il faut dire la vérité nue aux enfants ; sitôt qu’on la couvre d’un voile, ils ne se donnent plus la peine de le levert.

On fait apprendre les fables de La Fontaine à tous les enfants, et il n’y en a pas un seul qui les entendeÿ. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis; car la morale en est tellement mêléeetsi disproportionnée à leur âge,qu'’elle les porterait plus au vice qu’à la vertu. Ce sont encore là, direz-vous, des paradoxes. Soit ; mais voyons si ce sont des vérités5, sou

Je dis qu’un enfant n’entend point les fables qu’on lui fait apprendre, parce que, quelque effort qu’on fasse pour

au lieu des animaux des fables, les animaux vrais de l’histoire naturelle. Avant Rousseau, Picardet (1756) proposait déjà d’enseigner, de 2 à 4 ans, des notions d'histoire naturelle d’après Buffon. Grivel (1775), Wandelaincourt(1778-1801),etc.,reprennent les mêmes méthodes. Îl y avait un moyen terme.C'était d’ensei-

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