Donner = accorder. Répétons que cette défiance de lau
Il y a là dedans une réelle sincérité. Après l’Emile, Rousseau ne publia plus que des ouvrages techniques (Dictionnaire de musique, etc.) ou des ouvrages de polémique. Il avait par exemple un poème en prose, le Lévite d'Ephraim, dont il était fort content, qu'on lui demandait, dont
torité était alors constante, par l'influence des philosophes, et ar l'influence des savants. Nolet dont les cours de physique étaient suivis par tout le beau monde, Valmont de Bomare qui, après 1755, avait été obligé de dédoubler ses cours d'histoire naturelle, Pluche, dont le Spec-
nous viennent bien moins de nous que des autres. De cet exercice continuel il doit résulter une vigueur d’esprit sem- ‘ blable à celle qu’on donne au corps par le travail et par la fatigue. Un autre avantage est qu’on n'avance qu’à proportion de ses forces. L'esprit, non plus quelle corps, ne porte que ce qu’il peut porter. Quand l’entendement s’approprie les choses?.avant de les déposer dans la mémoire, ce qu’il en tire ensuite est à lui; au lieu qu’en surchargeant la mémoire à son insu on s'expose à n’en jamais rien tirer qui lui soit propre.
Æmile a peu de connaissances, mais celles qu'il a sont véritablement siennes, il ne sait rien à demi. Dans le petit nombre des choses qu’il sait et qu’il sait bien, la plus importante est qu’il y en a beaucoup qu’il ignore et qu’il peut savoir un jour, beaucoup plus que d’autres hommes savent et qu’il ne saura de sa vie, et une infinité d’autres qu'aucun homme ne saura jamais. Il a un esprit universel, non par les lumières, mais par la faculté d’en acquérir; un esprit ouvert, intelligent, prêt à tout, et, comme dit Montaigne, sinon instruit, du moins instruisable. Il me suflit qu’il sache trouver l’à quoi bon sur tout ce qu’il fait, et le pourquoi sur tout ce qu'il croit. Encore une fois, mon objet n’est point de lui donner la science, mais de lui apprendre à l’acquérir au besoin, de la lui faire estimer exactement ce qu’elle vaut, et de lui faire aimer la vérité par dessus tout. Avec cette méthode on avance peu, mais on ne fait jamais un pas inutile, et l’on n’est point forcé de rétrograder.
‘Emile n’a que des connaissances naturelles et purement physiques. Il ne sait pas même le nom de l’histoire, ni ce que c’est que métaphysique et morale, Il connaît les rapports essentiels de l’homme aux choses, mais nul des rapports moraux de l’homme à l’homme.ll sait peu généraliser d'idées, peu faire d’abstractions®. Il voit des qualités communes à certains corps, sans raisonner sur ces qualités en elles-mêmes. Il connaît l’étendue abstraite à l’aide des figu-
tacle de la Nature était lu partout, fondaient tout leur enseigneinent sur le seul respect des faits et des expériences.