Le — le Vicaire Savoyard
2. C'est-à-dire pour que nous discutions sur la puissance inconnue qui avait créé cette magnificence.
3.* On pourra comparer ce bref tableau avec d’autres « perspectives » de Chateaubriand, ou des romantiques. Voir, parexemple, le début de l’Zsolement, de Lamartine.
4. Rappelons que toute la Profession de foi est placée dans la bouche du Vicaire Savoyard.
5. En = des vérités métaphysiques (que Rousseau a établies plus haut).
6. Toute la question porte sur £<e mot ineffaçables. A cette date, les « philosophes » avaient jus-
tement pris à tâche de prouver que les injonctions les plus impérieuses de la conscience, certaines tout au moins, sont constamment démenties par les injonctions contradictoires auxquelles certains siècles et certains peuples prétendent obéir.
Voltaire, par exemple (Contes, Essai sur l'Histoire universelle), Helvétius (de l'Esprit), Diderot, avaient contesté bien des points dela moraledite universelle, par ex. les idées sur la pudeur, sur le mariage, sur l'honneur. L’opinion de Rousseau reste pourtant juste si l’on considère non les actes en eux-mêmes, mais les sentiments (dévouement, fidélité, etc.) qui les inspirent,
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Profession de foi du Vicaire savoyard. (Voir les Extraits, p. 238.)
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sulter sur ce que je veux faire : tout ce que je sens être bien est bien, tout ce que je sens être mal est mal: le meilleur de tous les casuistes! est la conscience; et ce n’est que quand on marchande avec elle qu’on a recours aux subtilités du raisonnement. Le premier de tous les soins est celui de soi-même : cependant combien de fois la voix intérieure nous dit qu’en faisant notre bien aux dépens d'autrui nous faisons mal! Nous croyons suivre l'impulsion de la nature, et nous lui résistons; en écoutant ce qu’elle dit à nos sens, nous méprisons ce qu'elle dit à nos cœurs : l'être actif obéit, l’être passif commande ?. La conscience est la voix de l'âme, les passions sont la voix du corps. Est-il étonnant que souvent ces deux langages se contredisent? et alors lequel faut-il écouter ? Trop souvent la raison nous trompe, et nous n'avons que trop acquis le droit de la récuser : mais la conscience ne trompe jamais ; elle est le vrai guide de l’homme; elle est à l’âme ce que l'instinct est au corps; qui la suit obéit à la nature et ne craint point de s’égarer. Ce point est important, poursuivit mon bienfaiteur, voyant que j'allais l’interrompre : souffrez que je m’arrête un peu plus à l’éclaircir.
Toute la moralité de nos actions est dans le jugement que nous en portons nous-mêmes. S'il est vrai que le bien soit bien, il doit l’être au fond de nos cœurs comme dans nos œuvres ; et le premier prix de la justice est de sentir qu’on la pratique. Si la bonté morale est conforme à notre nature, l’homme ne saurait être sain d'esprit ni hien constitué qu’autant qu’il est bon. Si elle ne l’est pas, et que l’homme soit méchant naturellement, il ne peut cesser de l'être sans se corrompre, et la bonté n’est en lui qu’un vice contre nature. Fait pour nuire à ses semblables, comme le loup pour égorger sa proie, un homme humain serait un animal aussi déprayé qu’un loup pitoyable ; et la vertu seule nous laisserait des remords.
gue note sur l'instinct, Nous la supprimons, parce qu’elle demanderait des discussions philosophiques.