‹ Morceaux choisis;Chapitre 2 sur 312 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

il y a de nombreux passages qui.exigent la même observation grammaticale ou littéraire : si on la . répète, c'est faslidieux et encombrant — si on ne la répète pas et qu'on renvoie à un passage antérieur, c'est inutile, car l'élève va rarement au renvoi, Voici le moyen terme adopté ici : la première fois que se présente. un fait grammatical, par exemple, nous formulons en note (et imprimons en italique continue) le principe général, dont il est l'application particulière — et surtout ce principe général nous le résumons dans un exemple simple et court :

Il se faut entr'aider (pour la place, fréquente au 17° siècle, du pronom personnel complément) ;

Faire leçon (pour la suppression de l’article fréquente au 17° siècle).;

La grecque beauté (pour la place de l’épithète), etc., etc.

Puis, à chaque nouvelle application particulière qui se présente, nous rappelons la règle ! générale uniquement par l'exemple qui la résume : RÈGLE : Il se faut entr'aider, etc,, etc. Si règle et exemple ont été une fois bien compris, il est vraisemblable que ce simple rappel suffira à réveiller tous les souvenirs nécessaires, et surtout que l'élève, quand il achèvera l'étude de l’œuvre, sera en possession d’un certain nombre de principes généraux? , qui lui expliqueront bien des détails. Tel est l'effort fait pour réduire les notes à la fois à l'essentiel et à l'unité.

Cette. collection espère encore être moderne en reprenant une vieille tradition, dont on a dit trop de

1. Nous prenons le mot reéglenon 2. Les mêmes règles et les pas dans son sens strict de règle | mêmes exemples se retrouvent degrammiaire, mais dans un sens dans tous les volumes de la colplus général, et parfois comme | lection, de façon à assurer pour équivalent d'habitude, fait géné- | les élèves la continuité d’une ral, tolérance grammaticale, etc. | même méthode.

mal, la tradition des notes d'appréciation littéraire, Sans tomber dans l'admiration verbeuse, et sans empiéter sur les impressions personnelles du maître et des élèves, il est possible, en quelques mots précis, d'exciter discrètement les élèves à sentir et à juger la beauté littéraire. En tous cas, la méthode contraire a fait ses preuves et depuis que les notes d'érudition ont remplacé les notes littéraires, on a des élèves beaucoup moins sensibles à la valeur arlistique des œuvres. Or, cette valeur artistique étant ce qui rend les œuvres éternelles et par suite actuelles, c’est encore être moderne que d'y insister.

Peut-être aussi voudra-t-on bien apprécier comme un effort moderne notre tendance aux méthodes concrètes et aux méthodes actives: d’une part la publication de tous ces documents illustrés qui aident à reconstituer les milieux dans lesquels les œuvres sont nées, d'autre part toutes ces invitations, multipliées-en notes pour les élèves, à des recherches et à des travaux personnels sur un texte précis, ou encore nos essais d'une explication des textes, non pas émiettée en remarques de détail, mais suivie, comme la demandent les plus récents Programmes et Instructions.

C’est l’ensemble de cette tentative pour mettre une nouvelle méthode et une nouvelle vie dans l'étude de la littérature que nous présentons au jugement éclairé du corps enseignant, dont nous sollicitons toutes Les observations suggérées par l'expérience. et capables de faire apporter toutes les rectifications et mises au point, exigées par l'expérience pédagogique de tous, à ce qui n'est le résultat que de l'expérience pédagogique de quelques-uns.

PauLz CROUZET, Agregé des Lettres, Inspecteur de l’Académie de Paris.

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