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PRÉFACE

Un mot pour l'explication de la méthode particulière suivie dans tous les Aforceaux choisis de la collection.

Un principe unique inspire cette méthode : si les Morceaux choisis sont un mal nécessaire, en ce sens qu'ils ont été trop souvent conçus de façon à faire perdre le sentiment et le goût de l’œuvre intégrale, on s'efforce d’atténuer le mal du passé par tous les moyens possibles, afin de développer au contraire le sens de l'intégralité de l’œuvre, ce qui est la méthode à la fois la plus pédagogique et la plus scientifique.

De ce principe découlent les applications suivantes :

1° Classement. — Plus de distribution de morceaux pris un peu partout en rubriques artificielles créées par l’annotateur «/Politique, Voyages, Littérature, Pédagogie, Variétés, etc. ». On ne connaîtra ici, autant que possible, d'autre ordre que l’ordre chronologique ! des ouvrages, et d'autre principe d'unité que l’unité même de l’œuvre de l'écrivain.

2° Analyse. — Outre que chaque œuvre garde sa date et son indépendance, elle garde aussi sa suite des idées. Plus de fragments accolés sans lien, mais des extraits reliés par une analyse suivie ?, qui, d'une part, renseigne précisément sur ce qu'on n’a pu citer et donne l'impression de l’ensemble ; d'autre

1. Quand un extrait, pour une 2, Jamais une coupure n’est raison quelconque, n’est pas à faite- sans que le lecteur soit sa date, la raison du déplace- | averti par des points de suspen-

ment est toujours donnée et | sion, afin qu’il ne soit pas expol'extrait est signalé par un trait sé à chercher la suite des idées ondulé ( ) en marge. où elle ne serait pas.

part, assure aux extraits cités leur véritable valeur, en les replaçant dans la suite des idées de l’œuvre entière.

3° Titres. — De même, les extraits conservent autant que possible leur vrai titre, quand l’auteur en a donné un, prennent par exemple pour eux l'en-tête du chapitre d’où ils sont tirés, etc., de façon à supprimer le plus possible l'abus des titres inventés par l'annotateur. Pourtant on ne s’est pas interdit l'habitude de résumer au début d'un morceau son idée générale, mais ces titres fictifs sont toujours encadrés [7] pour n'être pas confondus avecdes titres réels. Il ne faut pas qu'un moyen mnémotechnique utilisé par les éditeurs soit pris pour une œuvre de l’auteur et que les élèves croient que Musset, par exemple, a fait une pièce intitulée Le Pélican, pendant qu'ils ignoreront la Nuit de Mai.

4° Choix. — Enfin le choix des morceaux est aussi prudent que large. Le respect dû à la jeunesse, à toutes les consciences et à toutes les conyenances, doit passer et passe ici avant tout, mais il est impossible de méconnaître que, de notre temps, les idées s’élargissent et que les scrupules, littéraires ou sociaux, par exemple, qui auraient fait autrefois éliminer certains morceaux, n'agissent plus aujour-

d'hui. Il ne suflit plus en particulier qu’un morceau

touche aux questions contemporaines, pour .que ce soit une raison de l’écarter: au contraire. Ainsi, l'intérêt des Morceaux choisis est augmenté et modernisé : ainsi la pensée de l'écrivain est plus intégralement représentée.

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