‹ Morceaux choisis;Chapitre 204 sur 312 · Emile sait qu’il doit se ma · texte numérisé non relu

Emile sait qu’il doit se ma

rier et, depuis longtemps, 1l

cherche une « Sophie » qui lui plaira. Mais «ilimportait qu’elle.

. je ne sois guère ädroit ou qu'Émile soit bien peu curieux; car avec tant de connaissances élémentaires, il est difficile qu'il ne soit pas tenté d’en acquérir davantage. On n'est - curieux qu'à proportion qu’on est instruit ; il sait précisé- - ment assez pour vouloir apprendre.

. Cependant un objet en attire un autre, et nous avançons toujours. J’ai mis à notre première course un terme éloigné: le prétexte en est facile; en sortant de Paris, il faut aller chercher une femme au loin. Dr

Quelques jours après nous êlre égarés plus qu’à l’ordinaire dans des vallons, dans des montagnes où l’on n’aperçoit aucun chemin, nous ne savons plus retrouver le nôtre. Peu nous importe, tous chemins sont bons pourvu qu'on arrive: mais encore faut-il arriver quelque part quand on a faim. Heureusement nous trouvons un paysan qui nous mène dans sa chaumière; nous mangeons de grand appétit son maigre diner. En nous voyant si fatigués, si affamés, il nous dit: « Si le bon Dieu vous eût conduits de l’autre côté de la colline, vous eussiez été mieux reçus... vous auriez trouvé une maison de paix... des gens si chari- - tables... de si bonnes gens!... Ils n’ont pas meilleur cœur

que moi, mais ils sont plus riches, quoiqu’on dise qu'ils l’étaient bien plus autrefois... Ils ne pâtissent pas, Dieu merci; et tout le pays se sent de ce qui leur reste. »

A ce mot de bonnes gens, le cœur du bon Emile s’épanouit. « Mon ami, dit-il en me regardant, allons à cette . maison dont les maïîtres sont bénis dans le voisinage: je serais bien aise de les voir; peut-être seront-ils bien aises de nous voir aussi. Je suis sûr qu'ils nous recevront bien : s'ils sont des nôtres, nous serons des leurs. »

La maison bien indiquée, on part, on erre dans les bois : une grande pluie nous surprend en chemin ?, elle nous retarde sans nous arrêter. Enfin, l’on se retrouve, et le soir nous arrivons à la maison désignée. Dans le hameau qui l'entoure, cette seule maison, quoique simple, a quelque apparence. Nous nous présentons, nous demandons l’hospitalité. L’on nous fait parler au maître; il nous questionne, mais poliment : sans dire le sujet de notre voyage, nous

l'influence malsaine des grandes

ne se trouvât pas si vite, dit l villes.

Rousseau, et nous l'avons cher-

chée où j'étais bien sûr qu’elle

n’était pas », Pour la trouver, il

faut quitter Paris et c’est ainsi

. qu'Emiie et son précepteursont partis.

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