‹ Morceaux choisis;Chapitre 228 sur 312 · C'est ainsi que Hobbes l’avait établi · texte numérisé non relu

C'est ainsi que Hobbes l’avait établi

2, C'est-à-dire qu’on semble . seulement railler quand on parle du droit du plus fort, mais qu’en fait, en principe, on pré- - tend constamment transformer en droit les abus de la force.

3. Le raisonnement est concis et pressant, Il peut se résumer dans la phrase : «S'il faut obéir par force, etc. ».

4. C'était la théorie du « droit divin ». On voit par quel détour ironique Rousseau lui répond.

: SAT EN ENE T TEE (Ne: 4 cr réa

280 JEAN-JACQUES ROUSSEAU d

Cuaprrre IV. — De l’'Esclavage.

Puisque aucun homme n’a une autorité naturelle sur son semblable, et puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime parmi les hommes. X

CC none stone pete see

[On voit que, dans tout ce début, Rousseau cherche ce qui fonde en droit le fait que les hommes renoncent à leur liberté et obéissent à une autorité. Ce n’est pas le droit du plus fort. Le ch. IV montre que ce n’est pas davantage la vente faite par un peuple de sa liberté à un maître. Un particulier peut, dit Grotius, aliéner sa liberté et se rendre esclave d’un maître. Rousseau démontre qu’il ne peut en être de même pour une uation. « Le droit d’esclavage est nul, non seulement parce qu'il est illégitime, mais parce qu'il est absurde et ne signifie rien. Ces mots, esclave et droit, sont contradictoires ; ils s’excluent mutuellement »: Il faut donc (ch. V) remonter «à une première convention ». Cette convention, c’est ce que Rousseau appelle le « Contrat social » qui, logiquement, se réduit à cette formule : « Chacun de nous met'en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout ». (Pour l’explication, voir l’Introduction, p.52). Le reste de l’ouvrage étudie les raisons qui justifient cette formule, ses avantages et ses conséquences. L’effort de rigueur et de concision logiques y conduit souvent Rousseau à des obscurités et à des contradictions apparentes. Disons seulement qu’il recherche avec soin les moyens qui empêcheront la « volonté géné= rale » de se corrompre et de servir, non l'intérêt de la nation; mais les ambitions d’une majorité oppressive. Toutes les puissances de l’éducation, du patriotisme, des mœurs publiques et de la religion devront for: mer et développer chez le citoyen les vertus civiles, l’abnégation devant l'intérêt de tous..On ne reculera pas même devant cette intolérance qui permet aux citoyens de construire en eux-mêmes le système métaphy= sique qui leur plait, mais les oblige sous les peines les plus sévères, même la mort, à se conformer dans leurs paroles et leurs actes à un Credo relis gieux et moral commun à toute la cité. Enfin le gouvernement, le «pou= voir exécutif» devra être organisé selon des principes méticuleux €t compliqués qui feront de lui le défenseur des murs et de la volonté générale et empêcheront toute tentative de corruption et de tyrannie. Cette organisation politique est ébauchée dans les livres IL et IV.]

Page 1