‹ Morceaux choisis;Chapitre 248 sur 312 · Il y a antithèse entre aller — marcher, et arriver · texte numérisé non relu

Il y a antithèse entre aller — marcher, et arriver

2. En effet = en réalité. Sens constantrauxw7rt "et" 18": s1ecles.

3. Ces projets de promenades en compagnie, Rousseau les avait lus modestement réalisés à lotiers-Travers. Il partait, avec Divernois et quelques amis, en longues excursions botaniques où ils mangeaient et couchaient souvent dans les chalets de la montagne. — L'’exactitude des

propos prêtés à Grimm et Diderot a été contestée lors de l'apparition des Confessions, par un de leurs amis, Meister (Correspondance littéraire. Juillet 1782).

4. A la date où il écrit les Confessions, Rousseau a renoncé aux «fumées de l’ambition ».

5. Rousseau élait alors, moitié secrétaire et moitié laquais, chez le comte Solar de Gouvon, premier écuyer de la reine de Savoie,

Ce M. Mussard déterra ma demeure chez le comte de Gouvon el vint m'y voir avec un autre Genevois appelé Bâcle, dont j'avais été camarade durant mon apprentissage. Ce Bâcle était un garçon très-amusant, très gai, plein de saillies bouffonnes que son âge rendait agréables. Me voilà tout d’un coup engoué de M. Bâcle, mais engoué au point de ne pouvoir le quitter. Il allait partir bientôt pour s’en retourner à Genève. Quelle perte j'allais faire! J'en sentais bien toute la grandeur. Pour mettre du moins à profit le temps qui m'était laissé, je ne le quittais plus, ou plutôt il ne me quittait pas lui-même; car la tête ne me tourna pas d’abord au point d'aller hors de l'hôtel passer la journée avec lui sans congé : mais bientôt, voyant qu’il m’obsédait entièrement, on lui défendit la porte: et je m’échauffai si bien, qu’oubliant tout hors mon ami Bâcle, je n’allais ni chez M. l'abbé ni chez M. le comte!, et l’on ne me voyait plus. dans la maison. On me fit des réprimandes que je n’écoutai pas. On me menaça de me congédier. Cette menace fut ma perte : elle me fit entrevoir qu’il était possible que Bâcle ne s’en allàt pas seul. Dès lors, jé ne vis plus d’autre plaisir, d'autre sort, d'autre bonheur, que celui de faire un pareil voyage: et je ne voyais à cela que l’ineffable félicité du voyage, au bout duquel, pour surcroît, j’entrevoyais M°*° de Warens, mais dans un éloignement immense ; car pour retourner à Genève, c’est à à quoi je ne pensai jamais.

Les monts, les prés, les bois, les ruisseaux, les villages, se succédaient sans fin et sans cesse avec de nouveaux charmes; ce bienheureux trajet semblait devoir absorber ma vie entière. Je me rappelais avec délices combien ce même voyage m'avait paru charmant en venant: que devait-ce être lorsqu'à tout l'attrait de l'indépendance se joindrait celui de faire route avec un camarade de mon âge, de mon goût et de bonne humeur, sans gêne, sans devoir, sans contrainte, sans obligation d’aller ou rester que comme il nous plairait ! Il fallait être fou pour sacrifier une pareille fortune à des projets d’ambition d’une exécution lente, diflicile, incertaine et qui, les supposant réalisés un jour?, ne valaient pas dans

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