‹ Morceaux choisis;Chapitre 249 sur 312 · L'abbé de Gouvon et le ; tacher grammaticalement à au · texte numérisé non relu

L'abbé de Gouvon et le ; tacher grammaticalement à au

comte de Favria, petits-fils du comte de Gouvon.:

2. Les Supposant — en les supposant. RÈGLE : Au 17° et encore au

18° siècle, Le gérondif (aujourd’hui participe présent avec en) était très souvent employé sans en, méme s’il ne pouvait se rat-

cun mot de la phrase :

J'ôte le superflu, dit l’autre, et l’a- [battant(—en l’abattant) Le reste ‘en profite d'autant,

(LA FONTAINE. Fables, XII, 20.)

Cf. CrouzzT... Gr. Fr.,S 286.

tout leur éclat un quart d'heure de vrai plaisir et de liberté dans la jeunesse.

Plein de cette sage fantaisie, je me conduisis si bien que je vins à bout de me faire chasser, et en vérité ce ne fut pas sans peine. Un soir, comme je rentrais, le mailre d’hôtei me signifia mon congé de la part de M. le comte. C'était précisément ce que je demandais ; car, sentant malgré moi l’extravagance de ma conduite, j'y ajoutais. pour m’excuser, l'injustice et l’ingratitude, croyant meltre ainsi les gens dans leur tort, et me justifier à moi-même un parti pris par nécessité?. On medit dela part du comte de Favria d’aller lui parler le lendemain matin avant mon départ; et comme on voyait que, la tête m'ayant tourné, j'étais capable de n’en rien faire, le maître d’hôtel remit après cette visite à me donner quelque argent qu’on m'avait destiné, et qu'assurément j'avais fort mal gagné; car, ne voulant pas me laisser dans l’état de valet, on ne m'avait pas fixé de gages.

Le comte de Favria, tout jeune et tout étourdi qu’il était, me tint en cette occasion les discours les plus sensés, et j'oserais presque dire les plus tendres, tant il m’exposa d’une manière flatteuse et touchante les soins de son oncle et les intentions de son grand-père. Enfin, après m'avoir mis vivement devantles yeux tout ce que je sacrifiais pour courir à ma perte, il m'offrit de faire ma paix, exigeant pour toute condition que je ne visse plus ce petit malheureux qui m'avait séduit.

IL était si clair qu'il ne disait pas tout cela de lui-même, que, malgré mon stupide aveuglement, je sentis toute la bonté de mon vieux maître et j'en fus touché: mais ce cher voyage était trop empreint dans mon imagination pour que rien püt en balancer le charme. J'étais tout à fait hors de sens : je-me raffermis, je m’endurcis, je fis le fier, et je répondis arrogamment que, puisqu'on m'avait donné mon congé, je l’avais pris, qu'il n’était plus temps de s’en dédire, et que, quoi qu'il püût m'arriver en ma vie, j'étais bien . résolu de ne jamais me faire chasser deux fois d’une maison. Alors ce jeune homme, justementirrité, me donna les noms

1. * Etudier dans ce passage le version avait risqué une méta-

caractère de Rousseau en le rap- phore plus hardie : «et comme prochant des Æxtraits donnes on voyait que ma SORT Eue était pp. 286, 291, 295. EL renverséc.

2. Ce st-à-dire: Trouver une rai- 4. Le comte de la HR qui son légitime à un départ qui me | avait fait placer Rousseau chez serait 1 imposé par mon renvoi. son père.

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