‹ Morceaux choisis;Chapitre 264 sur 312 · Rousseau exagère. Ou bien · texte numérisé non relu

Rousseau exagère. Ou bien

sapins (hêtres, bouleaux) dans Pa forêts qui couvrent ces montagnes.

5. À ses bords — auprés de ses bords (latin ad). Cf. RÈGLE : À quelle ulilité? Voir p.65, n. 3.

d'objets chaque jour plus intéressants. Si la promenade de la vallée est un peu uniforme, elle est en revanche extrèémement commode; tout y est du niveau le plus parfait, les chemins y sont unis comme des allées de jardin, les bords de la rivière offrent par place de larges pelouses d’un plus beau vert que les gazons du Palais-Royal, et l’on s’y promène avec délices le long de cette belle eau, qui dans le vallon prend un cours paisible en quittant ses cailloux et sés rochers, qu'elle retrouve au sortir du Val-de-Travers. On a proposé de planter ses bords de saules et‘ de peupliers, pour donner, durant la chaleur du jour, de l’ombre au bétail désolé par les mouches. Si jamais ce projet s’éxécute, les bords de la Reuss deviendront aussi charmants que ceux du Lignon, et il ne leur manquera plus que des Astrées, des Silvandres, et un d’Urfé!.

Comme la direction du vallon coupe obliquement le cours du soleil, la hauteur des monts jette toujours de lombre, par quelque côté sur la plaine ; de sorte qu’en dirigéant ses promenades et choisissant ses heures, on peut aisément faire à l’abri du soleil tout le tour du vallon. D'ailleurs, ces mêmes montagnes, interceptant ses rayons, font qu'il se lève tard et se couche de bonne heure, en sorte qu’on n’en est pas longlemps brûlé. Nous avons presque ici la clef de l’énigme du ciel de trois aunes?, et il est certain que les maisons qui sont près de la source de la Reuss n’ont pas trois heures de soleil, même en été. /Extrait d'une lettre au Maréchal de Luxembourg, du 28 janvier

1763.) | Le Goût pour la Botanique. |

La botanique, telle que je l’ai toujours considérée, et telle qu’elle commençait à devenir passion pour moi, était préci-

bords du Lignon. C’est ce goût pour l'idylle qui explique son peu de penchant pour la nature

1. L’Ashrée de d'Urfé était encore très lue au 18° siècle. Rousseau l’a lueavec son père, l'a re-

lue deux autres fois. Quand il se séparera de tous seslivres,en revenant d'Angleterre en France, il ne gardera que ses ouvrages de botanique et l’Astrée.

Quand il quitte Paris pour aller retrouver Me de Warens (voir p. 301), il a la tentation de faire un détour et d'aller voir les lieux où se déroule le roman, les

«sauvage ». |

. 2. Allusion aux vers des Bucoliques, de Virgile (EL, v. 105):

Dic quibous in terris, et eris mihi [magnus Appollo,

Tres pateat cœli spatium non am- [plius ulnas.

(Dis-moi en quél pays, et tu seras pour moi un prophète

sément une étude oiseusel propre à remplir tout le vide de mes loisirs, sans y laisser place au délire de l'imagination, ni à l’ennui d’un désæœuvrement total. Errer nonchalamment dans les bois et dans la campagne, prendre machinalement çà et là, tantôt une fleur, tantôt un rameau, brouter? mon

foin presque au hasard, observer mille et mille fois les” mêmes choses, et toujours avec le même intérêt, parce que je les oubliais toujours, était de quoi passer l'éternité sans pouvoir m'ennuyer un moment. Quelque élégante, quelque admirable, quelque diverse que soit la structure des végétaux, elle ne frappe pas assez un œil ignorant pour l’intéresser. Cette constante analogie, et pourtant cette variété prodigieuse qui règne dans leur organisation, ne transporte que ceux qui ont déjà quelque idée du système végétal. Les autres n’ont, à l'aspect de tous ces trésors de la nature, qu’une admiration stupide et monotone. Ils ne voient rien en détail, parce qu’ils ne savent pas même ce qu’il faut regarder : et il ne voient pas non plus l’ensemble, parce qu'ils n’ont,aucune idée de cette chaine de rapports et de combinaisons qui accable de ses merveilles l’esprit de l’observaleur. J'étais, et mon défaut de mémoire me devait tenir{ toujours dans cet heureux point5 d’en savoir assez peu pour que tout me füt sensible. (Confessions, 11, 12.)

| Une KHerborisation à la Robailaë (1765).

Je me rappellerai toute ma vie une herborisation que je fis un jour du côté de la Robaila, montagne du justicier

de plus de trois aunes.) meure d’autres herboristes que 1. Le Dict. de Féraud, en 1587, des moutons. »

ne distingue pas encore netle- 3. Rapports et combinaisons

ment oiseux et oisif : « Gens (par exemple des pétales, éta-

oiseux et fainéants ; homme mines, pistils, etc.) sur lesquels

oisif... Oiseux se dit plutôt des | reposent les classifications et

choses que des LS ELA ». Le | celle de Linné, suivie par Rous-

profond, le ciel n’est pas large | « Il n’y a point autour de ma de-

Dictionnaire de l Académie indi- seau.

quait, dans sa seconde édition, 4. RéGre : Il se faut entr’aique oiseux, en parlant des per- der'NOiC p.96, n: 5, sonnes et de la vie, commençait 5. Comprendre : J’élais (dans à vieillir. L'édition de 1762 sup- cet heureux point) et mon déprime la remarque. Jaut, ete.

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