Ces gorges ont élé aména- 3. levé sur = élevé au-dessus
sujette à de fréquents débordements, qui font des bords de son lit une espèce de marais, on n’y sent point le marécage, l’air n’y est point humide et malsain, la vivacité qu'il tire de son élévation l’empêchant de rester longtemps chargé de vapeurs grossières ; les brouillards, assez fréquents les matins, cèdent pour l'ordinaire à l’action du soleil à mesure qu’il s'élève.
Comme entre les montagnes et les vallées la vue est toujours réciproque, celle dont-je jouis ici dans un fond n’est pas moins vasie que celle que j'avais sur les hauteurs de Montmorency, mais elle est d’un autre genre; elle ne flaite pas, elle frappe. Elle est plus sauvage que riante?, l’art n’y étale pas ses beautés, mais la majesté de la nature en impose ; et quoique le pare de Versailles soit plus grand que ce vallon, il ne paraîtrait qu’un colifichet en sortant d'ici. Au premier coup d'œil, le spectacle, tout grand qu’il est, semble un peu nu; on voit très peu d’arbres dans la vallée ; ils y viennent mal, et ne donnent presque aucun fruit ; l’escarpement des montagnes, étant irès rapide, montre en divers endroits le gris des rochers ; le noir des sapins coupe ce gris d’une nuance qui n’est pas riantef et ces sapins si grands, si beaux quand on est dessous, ne paraissant au loin que des arbrisseaux, ne promettent ni l'asile ni l'ombre qu'ils donnent: le fond du vallon, presque au niveau de la rivière, semble n'offrir à? ses deux bords qu'un large marais où l’on ne saurait marcher ; la révexbération des rochers n’annonce pas, dans un lieu sans arbres, une promenade bien fraiche quand le soleil luit ; sitôt qu’il se couche, il laisse à peine un crépuscule, et la hauteur des monts, interceptant toute la lumière, fait passer presque à l’instant du jour à la nuit.
Mais, si la première impression de tout cela n’est pas agréable, elle change insensiblement par un examen plus détaillé ; et dans un pays où l’on croyait avoir tout vu du premier coup d'œil, on se trouve avec surprise environné
il faut ajouter au parc de Verbas en haut ou de haut en bas, sailles les forêts qui le prolonque l’on soit dans la vallée ou | gent.
sur la montagne. Voircequedit |. 4. }] y à, au moins aujour- Rousseau de la perspective des d'hui, d’autres arbres que les