Chevêche, espèce de chouetve
3. L’anecdote se place au moment où Divernois et ses amis Neuchâtelois avaient donné à
lorsqu'il rédigeait ces Réveries.
5. Rousseau a fait allusion à deux de ces îles désertes, Tinian et Juan Fernandez, dans la Nouvelle Héloise (Voyage de Saint- Preux autour du monde. IV, 3).
6. Combe — pelit vallon. C'est un vieux mot français qu’on ne retrouve plus dans la langue littéraire depuis le 16e siècle.
Rousseau le goût des promenades botaniques.
4. A. la date où se place l’anecdote, Rousseau n’était pas hanté par les idées de persécution autant qu’il le fut
Buffon l’emploie en lui donnant un sens technique. Rousseau a emprunté le mot au patois de la Suisse romande. (Cf. A. FRANçois. Annales J.-J, Rousseau.
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même où je croyais être parvenu le premier, j’aperçois une manufacture de bas!.
Je ne saurais exprimer l'agitation confuse et contradictoire que je sentis dans mon cœur à cette découverte. Mon prémier mouvement fut un sentiment de joie de me retrouver parmi des humains où? je m'étais cru totalement seul; mais ce mouvement plus rapide que l'éclair, fit bientôt place à un sentiment douloureux plus durable, comme ne pouvant dans les antres mêmes des Aïpes échapper aux cruelles mains des hommes acharnés à me tourmenter. Car j'étais bien sûr qu'il n’y avait peut-être pas deux hommes dans cette fabrique qui ne fussent initiés dans le complot dont le prédicant Montmollin s'était fait le cheff et qui tirait de plus loin ses premiers mobiles. Je me hâtai d’écarter cette triste idée, et je finis par rire en moi-même et de ma vanité puérile, et de la manière comique dont j'en avais été puni. :
Mais, en effet, qui jamais eût dû s'attendre à trouver une manufacture dans un précipice! Il n’y a que la Suisse au monde qui présente ce mélange de la nature sauvage et de l’industrie humaine. La Suisse entière n’est, pour ainsi dire, qu'une grande ville, dont les rues, larges et longues plus que celle de Saint-Antoine, sont semées de forêts, coupées de montagnes, et dont les maisons éparses et isolées ne communiquent entre elles que par des jardins anglais6. Je me rappelai à ce sujet une autre herborisation que du Peyrou?,
1. On n’a pas trouvé trace | pulation. En réalité, il fit tous
dans les renseignements du temps d’une manufacture de bas sur la Robaila. Il s’agit sans doute d’un métier à tisser.
2. Où = la où. Sur l’indifférence où l’on était aux 17° et encore au 18 siècles, pour la place à donner au relatif, voir He 01007
3. Le participe ne se rapporte grammaticalement à aucun mot de la phrase. RÈGLE : La fortune vient en dormant. Voir p. 161, n. 1. Cf. Crouzer... Gr. Fr., $ 446.
4 Le pasteur Montmollin, avec qui Rousseau avait de constantes difficultés théologi-
ues, et qui menaçait de l’exclure de la communion. Rousseau suppose fort à tort qu’il était le chef d’un complot et qu’il ameutait contre lui la po-
ses efforts pour le ménager sans manquer à ses devoirs nécessaires de pasteur.
5. C'est-à-dire, pense Rousseau, de la cabale organisée contre lui à Genève et dans tout le pays de Vaud.
6. Passage important pour se rendre sorbte de ce qu’on a appelé, au 18e siècle, jardin anglais. C’est ainsi qu’un « paysagiste » citecomme jardin anglais la vallée de Grindelwald ou la vallée d’Engelberg, en Suisse.
Le jardin anglais exprime déjà toute la nature romantique.
7. Du Peyrou, ami intime, à qui Rousseau légua ses manuscrits et qui publia une grande édition de ses œuvres, avec la 1re moitié des Confessions.
d'Escherny!, le colonel Pury?, le justicier Clerc et moi, avions faite il y avait quelque temps3 sur la montagne de Chasseron, du sommet de laquelle on découvre sept lacs. On nous dit qu’il n’y avait qu’une seule maison sur cette montagne, el nous n’eussions sûrement pas deviné la profession de celui qui l’habitait, si l’on n’eût ajouté que c'était un libraire, et qui même faisait fort bien ses affaires dans le pays. II me semble qu’un seul fait de cette espèce fait mieux connaître la Suisse que toutes les descriptions des voyageurs./Extrait de la Septième Promenade des RÈVERIES).
Rousseau à l’ile Saint-Pierre (1765).
On ne m'a laissé passer guère que deux mois dans cette île, mais j'y aurais passé deux ans, deux siècles, et toute l'éternité sans m'y ennuyer un moment, quoique je n’y eusse avec ma compagne, d'autre société que celle du receveur, de sa femme et de ses domestiques, qui tous étaient à la vérité de très bonnes gens, et rien de plus; mais c'était précisément ce qu’il me fallait. Je compte ces deux mois pour le temps le plus heureux de ma vie, et tellement heureux qu’il m'eût suffi durant toute mon existence, sans laisser naître un seul instant dans mon âme le désir d’un autre état.
Quel était donc ce bonheur, et en quoi consistait sa jouissance ? Je le donnerais à deviner à tous les hommes de ce siècle sur la description de la vie que j'y menais. Le précieux far niente5 fut la première et la principale de toutes ces jouissances que je voulus savourer dans toute sa douceur, et tout ce que je fis durant mon séjour ne fut en effet
1. d'Escherny, écrivain neuchâtelois, qui nous a justement laissé de pittoresques souvenirs de ces promenades avec Rousseau. (De Rousseau et des philosophes du 18° siècle.)
2, Le colonel Pury, voisin de campagne de Rousseau à Motiers et qui le mit en relations avec du Peyrou.