Rousseau note cette illusion
de l'oreille par laquelle un bruit monotone €t continu nous semble Lên Ps rs croître et décroître, selon Îles oscillations inconscientes de l'attention.
4. Passage important. C’est le premier texte où s'exprime net-
. tement dans la littérature fran-
çaise cettcrèveriepanthéistique où l'âme semble s’absorber dans les choses et se confondre avec les êtres. Des impressions ana-
Après le souper, quand la soirée était belle, nous allions encore tous ensemble faire quelque tour de promenade sur la terrasse, pour y respirer l'air du lacet la fraicheur. On se reposait dans le pavillon, on riait, on causait, on chantait quelque vieille chanson qui valait bien le tortillage ! moderne, et enfin l’on s’allait coucher content de sa journée, et n’en désirant qu'une semblable pour le lendemain.
Telle est, laissant à part les visites imprévues et impor- ‘ tunes, la manière dont j'ai passé mon temps dans cette île, durant le séjour que j'y ai fait. Qu’on me dise à présent ce qu'il y a là d’assez attrayant pour exciter dans mon cœur des regrets si vifs, si tendres et si durables, qu’au bout de quinze ans il m’est impossible de songer à cette habitation chérie sans m’y sentir à chaque fois transporter encore par les élans du désir.
J'ai remarqué dans les vicissitudes d’une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m'’attire et me touche le plus. Ces courts moments de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état; et le bonheur que mon cœur regrette n’est point composé d’instants fugitifs, mais un état simple et permanent, qui n’a rien de vif en lui-même, mais? dont la durée accroît le charme, au point d’y trouver$ enfin la suprême félicité.
Tout est dans un flux continuel sur la terre, Rien n’y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s’atlachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé, qui n’est plus, ou préviennent l’avenir, qui souvent ne doit point être : il n’y a rien
logues ont été maintes fois évo- | sique les mélodies simples ct quées par les romantiques. Voir protestait contre la science har- Chateaubriand (Une Nuit d’A- | monique des Rameau ou des mérique, dans le Génie du Chris- Glück,
tianisme. (Extrails Canat) : « l’à- >, La construction n’est pas
me se plaît à s’enfoncer dans un | claire. Le premier mais oppose océan de forêts, à planer sur le | toute la fin de la phrase à la gouffre des cataractes.…..», etc. phrase qui précède. Le second