‹ Morceaux choisis;Chapitre 280 sur 312 · Pope (poète anglais du · texte numérisé non relu

Pope (poète anglais du

1. Rousseau ne s’est pe encore brouille avec les « philosophes »

(voir p. 36). Il ne se confond pourtant pas avec eux et se dit seulement « ami de Ja vérilé ».

2. Le poème sur La Loi naturelle (écrit en 1751), n'élait pas précisément en contradiclion avec celui sur le désastre de Lisbonne. Mais, en établissant lexistence de Dieu, du devoir, etc.

il pouvait sembler s'opposer au pessimisme de ce dernier.

18° siècle) avait établi dans son Essai sur l'Homme, très célèbre en France à cette date, que «tout est bien». Ea philosophie de Leibnitz aboutissait également à loptimisme. Pope d'’ailleurs entendait bien, comme le dit Rousseau et avant Jui Voltaire, que « l’homme jouit de la seule mesure de bonheur dont son être soit susceptible, »

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qui m'agite, et dites-moi qui s’abuse, du sentiment ou de la raison!.

« Homme, prends patience, me disent Pope et Leibnitz ; les maux sont un effet nécessaire de la nature et de la constitution de cet univers. L’Etre éternel et bienfaisant qui le gouverne eùt voulu t'en garantir : de toutes les économies possibles, il a choisi celle qui réunissait le moins de malet le plus de bien; ou, pour dire la même chose encore plus crüment s’il le faut, s’il n’a pas mieux fait, c’est qu’il ne pouvait mieux faire. »

Que me dit maintenant votre poème ? « Souffre à jamais, malheureux. S'il est un Dieu qui t’ait créé,sans doute il est tout-puissant, il pouvait prévenir tous tes maux : n’espère donc jamais qu'ils finissent ; car on ne saurait voir pour-

quoi tu existes, si ce n’est pour souffrir et mourir?. » Je ne :

sais ce qu'une pareille doctrine peut avoir de plus consolant que l’optimisme et que la fatalité même ; pour moi, j'avoue qu'elle me paraît plus cruelle encore que le manichéismeï. Si l'embarras de l’origine du mal vous forçait d’altérer quelqu’une des perfections de, Dieu, pourquoi vouloir justifier sa puissance aux dépens de sa bonté ? S'il faut choisir entre deux erreurs, j'aime encore mieux la prémière. |

Vous ne voulez pas, Monsieur, qu'on regarde voire ouvrage comme un poème contre la Providence, et je me garderai bien de lui donner ce nom, quoique vous ‘ayez qualifié de livre contre le genre humain un écrit où je plaidais La cause du genre humain contre lui-même 6.:Je sais la distinction qu’il faut faire entre les intentions d’un auteur et les conséquences qui peuvent se tirer de sa doctrine. La juste défense de moi-même m’oblige seulement à vous faire observer qu’en peignantles misères humaines mon butétait excusable et même louable, à ce que je crois ; car je mon-

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