‹ Morceaux choisis;Chapitre 279 sur 312 · — ERREUR · texte numérisé non relu

— ERREUR

remarqueront peut-être de plus habiles gens que moi, mais les déplaisirs qui troublent en cet instant le goût que je prenais à vos leçons ; et je vous les dirai, encore altendri d’une première lecture où mon cœur écoutait avidement le vôtre, vous aimant comme mon frère, vous honorant comme mon maître, me flattant enfin que vous reconnaîtrez dans mes intentions la franchise d’une âme droite, et dans mes discours le ton d’un ami de la vérité qui parle à un philosophet. D ailleurs, plus votre second poème m’enchante, plus je prends librement parti contre le premier; car, si vous n'avez pas craint de vous opposer à vous-même, pourquoi craindrais-je d’être de voire avis ? Je dois croire que vous ne lenez pas beaucoup à des sentiments que vous réfutez sibien?.

Tous mes griefs sont donc contre votre poème sur le Désastre de Lisbonne, parce que j'en attendais des effets plus dignes de l'humanité qui paraît vous l’avoir inspiré. Vous reprochez à Pope et à Leibnitz$ d’insulter à nos maux en soutenant que tout est bien, et vous chargez tellement le tableau de nos miséres,que vous en aggravez le sentiment: au lieu des consolations que j'espérais, vous ne faites que m'aflliger ; on dirait que vous craignez que je ne voie pas assez combien je suis malheureux,et vous croiricz, ce semble, me tranquilliser beaucoup en me prouvant que toutest mal. :

Ne vous y trompez pas, Monsieur ; il arrive iout le contraire de ce que vous vous proposez. Cet oplimisme, que vous irouvez s1 cruel, me console pourtant dans les mêmes douleurs que vous me peignez comme insupporlables. Le poème de Pope adoucil mes maux el me porte à la palience; je vôtre aigrit mes peines, m'excile aux murmures, et m'Ô- {ant tout, hors une espérance ébranlée, il me réduit au désespoir. Dans cette étrange opposition qui règne entre ce que vous prouvez et ce que j'éprouve, calmez la perplexité

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