‹ Morceaux choisis;Chapitre 293 sur 312 · dtirabeau lui avait offert un · texte numérisé non relu

dtirabeau lui avait offert un

cription de ses châteaux. Rousseau ne séjourna que du 5 au 21 juin 1767 dans le château de Fleury-sous-Meudon, avant de s'installer au château de Trye, chez le prince de Conti.

nêtes gens, et je n’en veux plus avec les fripons, car celles-là sont trop dangereuses. Voyez donc, Monsieur, quel homme utile vous mettriez dans votre maison. A Dieu ne plaise que je veuille avilir votre offre par cette objection! mais c’en est une dans vos maximes!, et il faut être conséquent.

En censurant cette nonchalance, vous me répéterez que c’est n'être bon à rien que n'être bon que pour soi : mais peut-on être vraiment bon pour soi, sans être, par quelque côté, bon pour les autres ? D’ailleurs considérez qu’il n’appartient pas à tout ami des hommes d’être, comme vous, leur bienfaiteur en réalité. Considérez que je n’ai ni état ni fortune, que je vieillis, que je suis infirme, abandonné, persécuté, détesté, et qu’en voulant faire du bien je ferais du mal, surtout à moi-même. J'ai reçu mon congé bien ‘signifié par la nature et par Les hommes : je l’ai pris, et j’en veux profiter. Je ne délibère plus si c’est bien ou mal fait, parce que c’est une résolution prise, et rien ne m'en fera départir. Puisse le publie m’oublier comme je l’oublie ! S'il ne veut pas m'’oublier, peu m'importe qu'il m'admire ou qu'il me déchire; tout cela m'est indifférent ; je tâche de n’en rien savoir, et, quand je l’apprends, je ne m'en soucie guère. Si l'exemple d’une vie innocente et simple est utile aux hommes, je puis leur faire encore ce bien là; mais c’est le seul, et je suis bien déterminé à ne vivre plus que pour moi et pour mes amis, en très petit nombre, mais éprouvés, et qui me suflisent : encore aurais-je pu m'en passer, quoique ayant un cœur aimant et tendre, pour qui des attachements sont de vrais besoins; mais ces besoins m'ont souvent coûté si cher, que j'ai appris à me suffire à moi-même, et je me suis conservé l’âme assez saine pour le pouvoir. Jamais sentiment haineux, envieux, vindicatif, n’approcha de mon cœur?. Le souvenir de mes amis donne à ma rêverie un charme que le souvenir de mes ennemis ne trouble point. Je suis tout entier où je suis, et point où sont ceux qui me persécutent. Leur haine, quand elle n’agit pas. ne trouble qu'eux, et je la leur laisse pour toute vengeance. Je ne suis pas parfaitement heureux, parce qu’il n’y a rien de parfait ici-bas, surtout le bonheur; mais j’en suis aussi près que je puisse l être dans cet exil. Peu de chose de plus comblerait mes vœux; moins de maux corporels, un climat plus

1. C'est-à-dire : si l’on veut se | faut comprendre que, DOMAINE conformer à vos maximes. ilavait voulu, parces querelles, 2, Rousseau est peut-être sin- | non haïr et se venger, mais se

cère, malgré les innombrables | mettre simplement à l’abrid’enuerelles qui l'avaient à cette | nuis qui le persécutaient. date pris! de tant d'amis. Il

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