Synopsis methodica stirpium
britannicarum (Tableau méthodi-
que des plantes anglaises), de
l'Anglais S. Ray (1690, 1924).
5. Petiver, pharmacien de Londres (mort en 1718), avait publié des planches gravées de plantes anglaises, |
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est bleue ou rouge, me représenter son port. Rien. Je lis une description caractéristique, d’après laquelle je ne puis rien me représenter. Cela n'est-il pas désolañt ?
Cependant, Madame la duchesse, je suis assez fou pour m'obstiner, ou plutôt je suis assez sage; car ce goût est pour moi une affaire de raison. J’ai quelquefois besoin d’art pour me conserver dans ce.calme précieux au milieu des agitations qui troublent ma vie!, pour tenir au loin ces passions haineuses que vous ne connaissez pas, que je n’ai guère connues que dans les autres, et que je ne veux pas laisser approcher de moi. Je ne veux pas, s’il est possible, que de tristes souvenirs viennent troubler la paix de ma solitude. Je veux oublier les hommes et leurs injustices. Je veux m'attendrir chaque jour sur les merveilles de celui qui les fit pour être bons, et dont ils ont si indignement dégradé l'ouvrage. Les végétaux dans nos bois et dans nos montagnes sont encore tels qu’ils sortirent originairement de ses mains, et c’est là que j'aime à étudier la nature ; car je vous avoue que je ne sens plus le même charme à herboriser ‘dans un jardin. Je trouve qu’elle n’y est plus la même ; elle y a plus d'éclat, mais elle n’y est pas si touchante. Les hommes disent qu’ils l’embellissent, et moi je trouve qu'ils la défigurent. Pardon, Madame la duchesse ; en parlant des jardins, j'ai peut-être un peu médit du vôtre?, mais, si j'étais à portée, je lui ferais bien réparation. Que n’y puisje faire seulement cinq ou six herborisations à votre suite, sous M. le docteur Solander#! 11 me semble que le petit fonds de connaissance que je tàcherais de rapporter de ses instructions et des vôtres sufliraient pour ranimer mon courage, souvent prêt à succomber sous le poids de mon ignorance. Je vous annonçais du bavardage et des rêveries ; en voilà beaucoup trop. Ce sont des herborisations d'hiver; quand il n’y a plus rien sur la terre, j'herborise dans ma tête, et malheureusemeut je n’y trouve que de mauvaise herbe. Tout ce que j'ai de bon s’est réfugié dans mon cœur; Madame la duchesse, il ést plein des sentiments qui vous sont dus.
1. La querelle avec Hume était alors à son état aigu, et Rous-
seau allait quitter Wootion le
ze Mai 1767.