‹ Morceaux choisis;Chapitre 37 sur 312 · Se forment. Le mot est bizarre. On attendrait existent · texte numérisé non relu

Se forment. Le mot est bizarre. On attendrait existent

Mais il y avait encore au 18° siècle une doctrine géologique qui voulait que les minéraux se forment ou même végètent constamment dans la terre. — Il existe des mines dans les lieux fertiles, mais elles n’affleurent pas la surface du sol.

5. REGLE : Au 19° et encore au IS: siècle, lorsqu'un infinitif était précédé d'un verbe principal le pronom complément, au lieu de s’intercaler entre le verbe et l’in- Jinitif, se mettait plus volontiers devant le verbe: «Il se faut entr’aider» (La Fonr.) plutôt qua « I] faut s’entr’aider ».

vient guère qu'à des esprits déjà plus exercés que ceux-ci ne le devaient être!.

Quant à l’agriculture, le principe en fut connu longtemps avant que la pratique en füt établie, et il n’est guère possible que les hommes, sans cesse occupés à tirer leur subsistance des arbres et des plantes, n’eussent assez promplement l’idée des voies que lanature emploie pour la génération des végétaux ; mais leur industrie ne se tourna probablement que fort tard de ce côté-là, soit parce que les arbres qui, avec la chasse et la pêche, fournissaient à leur nourriture, n'avaient pas besoin de leurs soins, soit faute de connaître l’usage du blé, soit faute d'instruments pour le cultiver, soit faute de prévoyance pour le besoin à venir, soit enfin faute de moyens pour empêcher les autres de s’approprier le fruit de leur travail?. Devenus plus industrieux, on peut croire qu'avec des pierres aiguës et des bâtons pointus ils commencèrent par cultiver quelques légumes ou racines autour de leurs cabanes, longtemps avant de savoir préparer le blé et d’avoir les instruments nécessaires pour la culture en grand; sans compter que, pour se livrer à cette occupation et ensemencer des terres, il faut se résoudre à perdre d’abord quelque chose pour gagner beaucoup dans la suite; précaution fort éloignée du tour d’esprit de l’homme sauvage, qui, comme je l’ai dit, a bien de la peine a songer le matin à ses besoins du soir.

L'invention des autres arts fut donc nécessaire pour forcer le genre humain de s’appliquer à celui de l’agriculture, Dès qu'il fallut des hommes pour fondre et forger le fer, il fallut d’autres hommes pour nourrir ceux-là. Plus le nombre des ouvriers vint à se multiplier, moins il y eut de mains employées à fournir à la subsistance commune, sans qu’il y eùt moins de bouches pour la consommer; et, comme il fallut aux uns des denrées en échange de leur fer, les autres trouvèrent enfin le secret d'employer le fer à la multiplication des denrées. De là naquirent d’un côté le labourage et l’agriculture, et de l’autre l’art de travailler les métaux et d’en multiplier les usages,

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