‹ Morceaux choisis;Chapitre 4 sur 312 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Les principes généraux de cette Collection ont'été exposés par M. Crouzet dans les pages précédentes. Mais chaque auteur apporte ses problèmes. Pour Rousseau, nous les avons résolus comme il suit :

L'ordre de classement des extraits s’imposait. Pour nul auteur l’enchaînement chronologique ne s'accorde mieux avec la clarté logique. Cette règle souffre naturellement, dans le détail, quelques exceptions. Il y a avantage à restituer en tête du premier Discours le passage des Conressions où Rousseau raconte sa genèse, etc. Les CONFESSIONS, RÊVERIES et la CORRESPONDANCE pour une part, ont été disposées pour se compléter entre elles et nous donner, dans l’ordre des dates, les étapes de la vie de Rousseau1.

Rousseau n'est pas seulement un dialecticien et un remueur d'idées. Il est encore et surtout celui qui a renouvelé la sensibilité française, Cet aspect de son génie se dissimule le plus souvent dans les Extraits scolaires. Nous n’en voyons pas la nécessité absolue. Les élèves lisent Les fureurs d' Hermione et celles de Phèdre. Pourquoi ne liraient-ils pas, en partie, ce qui donne à la Nouvezze HÉLOÏSE sa nouveauté et sa vie, l’ardeur du sentiment qui y crée aussi l'héroisme et le dévouement ? Choisis avec discernement, et si leur place reste discrète,

1. Pour signaler ces manque- | outre, le titre est en italiques et ments à l’ordre chronologique, | placé entre crochets. Enfin tout nous donnons en tête du mor- le texte est suivi en marge par

ceau l'indication de l’ouvrage | un trait ondulé (i), qui signale d’où il est tiré et sa date. — En | cette exception.

ces passages n'ont rien qui puisse inquiéter. Ils s’orientent ious dans l’œuvre de Rousseau — ce qui n'est pas pour Racine — vers des conclusions fortement morales. On y gagne de laisser au génie de Jean-Jacques sa physionomie vraie. On y gagne d’intéresser les élèves et de leur parler à l'occasion un langage qu'on ne saurait toujours séparer de la discussion et de la raison, : le langage du cœur.

On sait que cette collection ne se préoccupe pas d’érudition savante. Elle est faite pour les élèves, non pour l’auteur et pour les maîtres. Rien ne dispense pourtant l'éditeur de dire, comme il le faut pour les classes, ce qu'il croit étre exactement la vérité. Ce scrupule du vrai ne nous a pas imposé sur Rousseau et son œuvre des jugements d'ensemble qui soient neufs. Ces jug'ements s’en tiennent aux claires généralités, les meilleures pour l'élève et les plus sûres pour l’histoire littéraire. Mais, dans le détail, nous avons rencontré assez souvent des recherches personnelles. Les unes se retrouvent dans ce que nous avons publié par ailleurs. D’autres nous ont conduit à donner un certain nombre d’indications qui complètent, précisent ou rectifient ce qui est connu. Sur l'influence générale de Rousseau, les milieux d'opinion où parurent le PREMIER Discours, la LETTRE A D'ALEMBERT, l'EMILE, parfois sur leurs sources; sur l’influence et le succès de presque toutes les œuvres, etc., on trouvera ainsi des anecdotes, des faits, des indications bibliographiques qui peuvent apporter une modeste contribution à l’étude inachevée de Jean- Jacques.

Il ne saurait étre question de donner ici un texte de Rousseau tout à fait assuré. Le travail critique qui permettrait de l’établir n’est pas fait. Nos recherches personnelles1 nous permettent pourtant d'imprimer,

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