Le pessimisme de Rousseau 3. Ceciestécritavant la broui
s’accroîtra bientôt. Après sa | le avec Grimm, Diderot et le” fuite dé Motiers, il cessera pres- | ‘parti philosorhique.
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F1G. 3. — Scène de pugilat entre Voltaire et Rousseau
Cette estampe, assez grossière à tous les points de vue et où, d’ailleurs, Voltaire et Rousseau sont si peu ressemblants qu’on ne les distingue guère que grâce aux livres l’Emile et la Henriade, tombés à côté d’eux, est très curieuse comme rappel de la longue querelle entre Voltaire et Rousseau.
m'a dit vrai, je ne connais rien de si fou qu’un peuple de sages.
Convenez-en, Monsieur, s’il est bon que les grands génies instruisent les hommes, il faut que le vulgaire reçoivel leurs instructions : si chacun se mêle d’en donner, qui les voudra recevoir ? « Les boiteux, dit Montaigne, sont mal propres aux exercices du corps, et aux exercices de l’esprit les âmes boiteuses. » Mais en ce siècle savant, on ne voit, que boiteux vouloir apprendre à marcher aux autres?.
Le peuple reçoit les écrits des sages pour les juger, non pour s’instruire. Jamais on ne vit tant de Dandins. Le théâtre en fourmille, les cafés retentissent de leurs sentences, ils les affichent dans les journaux, les quais sont couverts de leurs écrits, et j'entends critiquer l’Orphelint, parce qu’on l’applaudit, à tel grimaud si peu capable d’en voir les défauts, qu’à peine en sent-il les beautés.
-Recherchons la première source des désordres de la s0ciété, nous trouverons que tous les maux des hommes leur viennent de l’erreur, bien plus que de l’ignorance, et que ce que nous ne savons point nous nuit beaucoup moins que ce que nous croyons savoir®. Or quel plus sûr moyen de courir d'erreurs en erreurs que la fureur de savoir tout ? Si l’on n’eüt prétendu savoir que la terre ne tournait pas, on n’eût point puni Galilée pour avoir dit qu’elle tournait. Si les seuls philosophes en eussent réclamé le titre, l'Encyclopédie n’eùt point eu de persécuteurs 7. Si cent myrmidons n’aspiraient à la gloire, vous jouiriez en paix de la vôtre ou du moins vous n’auriez que des rivaux dignes de vous.
Ne soyez donc pas surpris de sentir quelques épines inséparables des fleurs qui couronnent les grands talents. Les injures de vos ennemis sont les acclamations satiriques qui suivent le cortège des triomrhateurs ; c’est l’'empressement