‹ Morceaux choisis. Recueillis et annotésChapitre 3 sur 43 · VIE DE DIDEROT · texte numérisé non relu

VIE DE DIDEROT

Denis Diderot naquit à Langres le 5 octobre 1713, d'une famille d'artisans qui avait peu à peu conquis la solide aisance de la bourgisoisie d'alors. Son père était coutelier et n'avait jamais quitté son établi, mais il put faire donner à ses deux fils une éducation classique très-complète. L'aîné devint un philosophe illustre ; le second entra dans les ordres, fut pourvu

* Cette notice a éti' rédigée dans ses parties essentielles d'après les Mémoires écrits par madame de Vandeul, fille unique de Diderot, en 1786 ou 1787 ; malgré ce titre un peu ambitieus, puisqu'il ne s'agit que de quelques pages, et si l'on en excepte de menues erreurs fort excusables ou diverses anecdotes sur lesquelles on souhaiterait plus de détails, ces Mémoires sont ce qui a été écrit de plus précieux sur la vie du philosophe, car, ainsi que l'a dit M. Assézat, on ne saurait être « aussi louchant, aussi pénétré, aussi intimement ému ». J'ai dû, à mon grand regret, les abréger et m en tenir aux faits principaui.

Je ne puis également que renvoyer le lecteur aux travaux les plus considérables ou les plus récents sur l'homme et sur son œuvre : Aux Mânes lie Diderot, par J. H. Meister (plusieurs fois réimp., notamment dans les Œuvres complètes et dans la Correspondance de Grimm) ; Mémoires historiques et philosophiques sur la rie et les œuvres de Denis Diderot, par J. A. Naigeon (1821, in-8) ; les Œuvres de Gœthe et notamment le travail intitulé : Des Hommes célèbres de France au XVlll" siècle ; les Causeries du lundi et les Portraits littéraires de Sainte-Beuve qui est maintes fois revenu incidemment sur ce sujet ; les Etudes sur le XVIII" siècle, de M. E. Bersot (1855, 2 vol. in-12); Histoire des idées morales au XVII" siècle, pa.r Jules Barni (1867, 2 vol. in-18) ; Diderot .«' Leben ?md Werke, par K. Rosenkranz (Leipzig, 1866, 2 vol. in-8), étude biographique et critique trèsimportante qui n'a pas été traduite en français, mais dont M. Philibert- Soupé a donné un remarquable résumé dans la Revue contemporaine (1867); les Origines de la France contemporaine (tome I, l'Ancien régime) par M. II

Xll VIE DE DIDEROT.

d'iia canonicat à Langres même et attaché à la personne de M. de Montmorin, évêque du diocèse. Diderot avait en outre deux so?urs, l'une -qui se fit religieuse et qui mourut folle, selon madame de Vandeul, l'autre qui ne se maria point, soigna son père jusqu'à son dernier jour, et, malgré des tracas d'humeur assez fréquents, tint la maison' de l'abbé après le partage de la succession paternelle. C'est ce frère et cette sœur (Diderot paraît avoir tendrement aimé celle-ci) qu'il a mis en scène dans l'Entretien d'un père avec ses enfants. Il n'a, en revanche, presque jamais parlé de sa mère qu'il ne perdit cependant qu'assez tard.

Entré à neuf ans au collège des Jésuites de Langres, à douze il fut tonsuré par provision : un oncle du côté maternel, le chanoine Vigneron, se proposait de lui laisser son bénéfice et on voulait lui conférer les ordres mineurs à la fin de ses études. Celles-ci furent brillantes, mais plusieurs fois compromises par la fougue de son caractère. Les Jésuites, qui espéraient en faire une des lumières de leur ordre, lui conseillèrent de se rendre à Paris pour achever ses humanités au collège d'Harcourt (aujourd'hui lycée Saint-Louis). Ce projet, tenu d'abord secret, fut dénoncé au père de Diderot qui sur-r prit celui-ci au moment même où il cherchait à s'évader de la maison. Il le réprimanda doucement et, pour ne point nuire à ce que chacun (et son lils tout le premier) considérait comme une vocation* sérieuse, il le conduisit lui-même à Paris. Il ne repartit qu'au bout de quinze jours, pensant toujours que Denis reviendrait sur sa résolution : il y persista. Toutefois, ses études limes, il ne parla plus d'endosser la soutane et entra chez M. Clément de Kis, procureur à Paris. Il y passa deux ans, négligeant la procédure pour le grec et le latin (]u'il croyait, dit madame de Vandeul, ne pas savoir assez , les mathématiques , l'italien et l'anglais (ju

Taine ; Diilmil. éluile, par M. Sclierer (1880, iii-18) ; la Fin du XVIII'^ sircir, par M. K. Caro (1880, "2 vol. Jii-18); diverses brochures ou études Je MM. Damiron. A. VinKl, Leriiiiiiiur, (;éuia, Pascal Diipral, Louis Asseline, H. Slupuy, Klieiiue C.hiravay, li!s nolircs, noies et appendices de MM. As«ezat et Touroeux, etc., etc.

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