‹ Morceaux choisisChapitre 22 sur 25 · LE LIONCEAU SONGEAIT · texte numérisé non relu

LE LIONCEAU SONGEAIT

Ils ont on ne sait quel appétit monstrueux D'être horribles ; ils sont les dragons tortueux. Les hydres, les passants sinistres de l'histoire ; Ils ont pour eux le deuil, Téchafaud, la victoire. Tout ce qui rampe et tremble, et les rires hautains; La famine du peuple assiste à leurs festins ; L'aurore est leur palais, l'ombre est leur forteresse; Leur faux pouvoir devant l'éternel Dieu se dresse Dans toute l'impudeur de sa rébellion ; Ils sont dorés, ils sont fangeux.

Grandis, lion !

9 octobre 1873, à Paris.

Ainsi nous n'avons plus Strasbourg, nous n'avons plus

Metz, la chaste maison des vieux francs chevelus !

Ces villes, ces cités, déesses crénelées,

Le teuton nous les a tranquillement volées 1

Ainsi le Chasseur Noir a ces captives-là !

Ainsi ce cavalier monstrueux, Attila,

Horrible, les attache aux arçons de sa selle ;

A l'un pend l'héroïne, à l'autre la pucelle !

Et les voilà, râlant dans le carcan de fer,

Metz où régna Clovis, Strasbourg doù vint Kléber !

Le vautour a ces monts et ces prés sous son aile !

Et tout cela pourtant, c'est la France éternelle !

C'est à nous, ce Haut-Rhin où la Gaule apparaît !

J'en atteste l'été, le printemps, la forêt.

Les astres toujours purs, les roses toujours neuves

Et le ruissellement d'émeraudes des fleuves 1

J'en atteste l'épi doré, le nid d'oiseau,

Et le petit enfant qui, nu dans son berceau,

Joue avec son pied rose en attendant la France!

J'en atteste l'œil bleu de la sainte espérance.

L'honneur, le droit, l'autel où l'on prie à genoux,

Cette Lorraine et cette Alsace, c'est à nousl

{Les Quatre vents de V Esprit.)

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