‹ Morceaux d'exégèseChapitre 106 sur 138 · D PRE · texte numérisé non relu

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pour que plusieurs témoins l aient jugé bon de la supprimer, et il dit: « Carils n’osaient plus rien lui demander. » Ces adversaires de Jésus aiment mieux l’applaudir que de lui poser de nouvelles questions et lui ménager d’autres victoires. La rédaction de Luc est donc aussi à expliquer; mais l’artifice en a pu être facilité par la connaissance d'une relation où la déconvenue des adversaires faisait suite à question des sadducéens ou à la péricope de l’Adultère ?.

D'après ce qu’on vient de voir, il est possible que l’anecdote du grand commandement ne soit tout à fait à sa place hote ni dans les deux premiers Évangiles ni dans le troisième. Il n’est pas autrement certain que l'incident se soit pol à Jérusalem, et l’or peut croire que ni le lieu ni la date n'étaient indiqués dans la première rédaction.

Luc, x, 29. Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain? » 30. Prenant la parole, Jésus dit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba entre les mains de voleurs qui, l’ayant dépouillé et accablé de coups, s’en allèrent, le laissant à demi-mort. 31. Par hasard, un prêtre descendait par le même chemin et, l'ayant vu, il passa outre. 32. De même un lévite, qui se trouva aussi en ce lieu, étant venu et l’ayant vu, passa outre. 33. Mais un samaritain qui passait vint près de lui et, l’ayant vu, il fut touché de compassion; 34. et s’approchant, il pansa ses plaies, y versant de l'huile et du vin ; et l'ayant mis sur sa propre monture, il le conduisit à l'hôtellerie et prit soin de lui. 35. Et le lendemain, tirant deux deniers, il les donna à l'hôte et dit : « Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai en repassant. » 36. Lequel de ces trois te semble avoir étéle prochain de celui qui était tombé entre les mains des voleurs? » 37. Et il dit : « Celui qui a exercé la miséricorde envers lui. » Et Jésus lui dit : « Toi aussi, va et fais de même. »

La parabole est amenée, après l'échange de propos entre Jésus et le docteur, par une question de celui-ci,

1. V. 40. oùxért yào xtA. NBL. AD (Sc.) etc. lisent oùxér: dé. 2. Süpr. p.167.

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que l’on suppose n'être pas encore suffisamment éclairé sur le point de doctrine dont il se préoccupe. Il reprend la parole « pour se justifier », c’est-à-dire pour se faire valoir et démontrer qu'il est un juste !, non pour prouver que la chose n’est pas si simple qu’on pourrait croire, et que sa première question, à laquelle il a fourni luimême une réponse générale, n’était pas superflue ?. Cette dernière façon de se justifier s’accorderait assez mal avec l'intention qu'on lui a prêtée au commencement du récit. Le scribe veut dire que la recommandation d'observer la charité ne vient pas à propos-en ce qui le concerne, parce qu'il a toujours accompli le précepte *, et il demande envers quel prochain il pourrait se trouver en retard. Il va être confondu, et son ignorance de la vraie charité lui sera démontrée par la révélation d’un idéal qu’il ne soupconnait pas. Si la question paraît gauche et mal venue, si elle ne dit pas clairement ce qu’elle signifie, c’est qu'elle n’est pas née de la situation historique décrite dans le récit, mais d’un artfice de rédaction pour lier entre elles une anecdote et une parabole indépendantes l’une de l’autre par. leur origine.

« Qui est mon prochain? » ditle docteur. Au lieu de lui répondre directement, Jésus fait un récit moral qui ressemble pour la forme à une parabole, mais qui n'est pas autre chose qu’un exemple fictif allégué à l’appui d'une vérité générale.

La scène est placée sur le chemin de Jérusalem à Jéricho: ilne s'ensuit pas que la parabole ait été dite pendant le séjour de Jésus à Jérusalem ; le choix du lieu a été déterminé par l'intervention des prêtres dans le récit. Jéricho est située à trente kilomètres environ au nord-

1. Jüucner, Il, 594. Cf. Luc, xvu, 15 (xvmu, 9, 14). Sens et cas différents de Luc, vu, 35.

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