Jücicuer Il
2. V. 37. Cette leçon est contenue dans les mots : « fais de même », où mofet bpolws. Le mot ropebov, «va », est dit par manière de conclusion et de congé.
LE GRAND COMMANLEMENT 179
chain sur le terrain pratique. Il est vrai que la question est traitée de cette manière ; mais ce n’est pas ainsi qu'elle avait été annoncée. Le docteur a besoin qu'on lui apprenne à regarder le samaritain comme son prochain !, et Luc l'entend bien ainsi; mais ce que Jésus répond en réalité, c'est que « la miséricorde vaut mieux que le sacrifice ? », idée qui, par elle-même, n’a rien à voir avec la notion du prochain *. La parabole du Samaritain, lecon pratique sur la charité à l'égard du prochain, a certainement existé d'abord pour elle-même, séparée de la question relative au grand commandement où au moyen d’arriver à la vie éternelle. On aura ensuite associé l’une à l’autre avec plus ou moins d’'habileté.
La seconde question du docteur : « Et qui est mon prochain? » a été conçue tout exprès pour servir de transition et amener la parabole. On n'a pas voulu que ce juif connût la vraie charité ; c'est pourquoi { Jésus lui apprend qui est « le prochain », et comment les Samaritains ont cette qualité, comment même ils exercent la parfaite charité que le docteur ignore. La présence du samaritain dans le récit a déterminé cette adaptation de la parabole et son adjonction au récit de la prédication évangélique dans le pays de Samarie. La combinaison est de l'écrivain qui a déplacé et transformé l’histoire de Jésus prêchant à Nazareth; qui a aussi figuré l’évangélisation des Gentils dans la mission des Soixante-douze et entendu de la réprobation d'Israël les malédictions prononcées contre les villes galiléennes ? ; pour lui le docteur juif représente le judaïsme, avec lequel se confond plus ou moins le judéochristianisme, etlesamaritain représente
Hozrzmanx, 362.
Os. vr, 6 (Matra. 1x, 13; xn, 7).
WERNLE, 99.
Jüzicuer, loc. cit.
Cf. supr. pp. 90-93, 123, 126.